UN MEMORIAL de L’ESCLAVAGE au JARDIN des TUILERIES ?


Un conseil d’orientation en charge du mémorial des noms

Le mémorial des noms des affranchis de 1848 doit être, selon Jean-Marc Ayrault, président de la Fondation pour la mémoire de l’esclavage, « une contribution à la réparation de la France qui a maintenu un système d’exploitation de l’homme par l’homme pendant trois siècles ».

Un conseil d’orientation pour le grand projet de mémorial national annoncé par le président de la République à été réuni les 26 novembre et 4 décembre au ministère des Outre-mer. Il doit rendre un rapport au Premier ministre le 15 décembre.

Officiellement, la presse n’a pas été tenue au courant de la création de ce conseil d’orientation, ni de ses réunions, ni de sa composition. Selon l’un de ses membres, c’est un comité informel de personnes à qui le gouvernement a demandé de rendre un rapport qui servira de base au cahier des charges pour ériger ce mémorial qui doit prendre sa place au jardin des Tuileries en 2021. Rappelons que ce projet est une idée défendue depuis de nombreuses années par le Comité de la marche du 23 mai 1998 qui a collecté dans les registres des états-civils les noms donnés aux esclaves affranchis en 1848.

Ce conseil d’orientation s’est donc réuni au ministère des Outre-mer, sous l’autorité du conseiller Afif Lazrak, conseiller en charge des affaires régaliennes et de l’action publique. Il n’a pas assisté pas aux séances, seule une stagiaire du ministère était en charge de l’accueil de ses membres. Ces derniers sont l’écrivain Claude Ribbe, Serge Romana, président de la Fondation esclavage et réconciliation, Marie Josée Alie, retraitée de France Ô et artiste, Philippe Lavil, chanteur, Dominique Taffin, directrice de la Fondation pour la mémoire de l’esclavage, Frédéric Régent, conseiller scientifique dudit conseil, Jean-Marc Ayrault, président de la Fondation, Claire Andrieu, spécialiste de l’histoire politique de la France contemporaine, de la Seconde Guerre mondiale et de la Résistance, Léonora Miano, écrivaine franco-camerounaise, Carole Bienaimé-Besse, productrice et réalisatrice, membre du CSA depuis 2017, Sonia Chane-Kune, docteure en géographie politique, et un représentant du ministère de la Culture.

Les deux réunions des 26 novembre et 4 décembre ont mis au jour les diverses postures des uns et des autres. Il y a ceux qui sont contre un mur des noms et ceux qui sont pour, ceux qui veulent un monument et ceux qui veulent une œuvre d’art, ceux qui veulent voir graver dans la pierre les seuls noms des esclaves affranchis en 1848 et ceux qui veulent y voir les noms des esclavagistes, des abolitionnistes, des esclaves morts pendant la traversée et encore celui des Haïtiens d’avant 1804, ceux qui veulent une place pour les abolitionnistes et ceux qui n’en veulent pas, ceux qui veulent que tous les noms d’esclaves affranchis y figurent et ceux qui sont pour une sélection, ceux qui disent que les lieux offrent assez de place pour tous ces noms et ceux qui disent que c’est impossible… Enfin, il y a ceux qui veulent diriger l’artiste (l’architecte ?) qui sera sélectionné et ceux qui, au contraire, veulent lui laisser champ libre… Tous les scénarios avancés trouvent à chaque fois des opposants souvent tenaces.

« Les descendants d’esclave doivent se sentir riches d’une culture extraordinaire »

Lénora Miano qui a été sollicitée pour apporter son expertise pour ce projet, à sa plus grande surprise d’ailleurs, et pour qui on a mis en place une visio-conférence, s’est livrée une longue critique du projet. Son expertise n’a pas été très bien ressentie. Explication d’un membre du conseil  qui a choisi de garder l’anonymat : « Cette dame est une Africaine qui vient expliquer aux Antillais comment ils doivent vivre leur tragique histoire… C’est tout bonnement hallucinant. Elle vient donc expliquer aux descendants d’esclaves qu’ils ne doivent pas être victimes mais au contraire se sentir riches d’une culture extraordinaire… Imaginez que l’on disent ça aux Juifs en évoquant la Shoah ! »

La contribution du président de la Fondation pour la mémoire de l’esclavage, Jean-Marc Ayrault, comporte elle aussi une part de risque, puisqu’il explique et présente le projet du mémorial comme « une contribution à  la réparation de la France qui a maintenu un système d’exploitation de l’homme par l’homme pendant trois siècles ». Et voilà relancé le débat sur les réparations par Jean-Marc Ayrault en personne et la Fondation sensée animée la politique publique mémorielle de la France en matière d’esclavage. En conclusion de sa note, Jean-Marc Ayrault précise que le mémorial des noms « permettra d’appréhender l’extension territoriale du système esclavagiste (colonies esclavagistes, migration, diaspora…) ». Certains voient là la marque d’une « logique décoloniale » qui plaît à certains et horripile les autres.

C’est l’Etat qui financera le projet, car la Fondation dont l’objet est de financer les projets, n’en a pas les moyens.

Source FXG, à Paris

CHLORDECONE : les suites d’un SCANDALE


Des ministres auditionnés sur la pollution au chlordécone aux Antilles

L’audition, à partir de ce lundi14 Octobre, de 4 ministres par une commission d’enquête parlementaire sur l’utilisation aux Antilles du chlordécone, pesticide dangereux qui a pollué les sols à long terme, va clore plusieurs mois d’investigations sur ce qu’Emmanuel Macron a qualifié de « scandale environnemental« .

Les auditions des ministres de la Santé (Agnès Buzyn), des Outre-mer (Annick Girardin), de la Recherche (Frédérique Vidal) et de l'Agriculture (Didier Guillaume) s'ajoutent aux plusieurs dizaines menées depuis juillet, à Paris, en Martinique et en Guadeloupe. © AFP

© AFP Les auditions des ministres de la Santé (Agnès Buzyn), des Outre-mer (Annick Girardin), de la Recherche (Frédérique Vidal) et de l’Agriculture (Didier Guillaume) s’ajoutent aux plusieurs dizaines menées depuis juillet, à Paris, en Martinique et en Guadeloupe.

  • La1ère.fr (avec AFP)
  • Publié le 12/10/2019 à 17:00

Bien avant les polémiques en France autour du glyphosate, l’usage du chlordécone en Guadeloupe et en Martinique de 1972 à 1993 est le « fruit d’un aveuglement collectif« , dans lequel l’Etat doit « prendre sa part de responsabilité« , avait dit le chef de l’Etat lors d’un déplacement en septembre 2018 aux Antilles.

Pollution et santé

Perturbateur endocrinien, ce pesticide utilisé pour lutter contre un charançon du bananier est suspecté d’être à l’origine de cancers de la prostate, très nombreux aux Antilles. Selon Santé Publique France, 95 % des Guadeloupéens et 92 % des Martiniquais sont contaminés. La pollution peut persister dans les sols jusqu’à sept siècles. On la retrouve dans l’eau, certains légumes, viandes et poissons, entraînant des interdictions de cultiver certains produits et des interdictions de pêche.

Besoin d’explications

Alors que le chlordécone a été interdit aux États-Unis dès 1975, la France, elle, ne l’a interdit qu’en 1990, et seulement en 1993 aux Antilles en vertu d’une dérogation gouvernementale. « Ca me semblait totalement justifié de savoir ce qu’il s’est passé, comment on a pu autoriser ces produits, qui les a importés, dans quelles conditions et quelles sont les mesures arrêtées après qu’on ait constaté que c’étaient des produits hyper dangereux« , explique le député de Martinique Serge Letchimy, président de la commission d’enquête chargée d’évaluer les conséquences de la pollution, mais aussi d’en retracer les responsabilités et de réfléchir à l’idée d’une indemnisation. 

Série d’auditions

Les auditions des ministres de la Santé (Agnès Buzyn), des Outre-mer (Annick Girardin), de la Recherche (Frédérique Vidal) et de l’Agriculture (Didier Guillaume) s’ajoutent aux plusieurs dizaines menées depuis juillet, à Paris, en Martinique et en Guadeloupe. Les administrations et services de l’Etat ont été entendus, tout comme les agences sanitaires, des experts scientifiques, les producteurs de bananes, ceux qui ont mis le pesticide sur le marché, d’anciens élus locaux, ainsi que des associations de citoyens.

La commission a aussi rencontré sur le terrain des pêcheurs et des agriculteurs. Cela a permis « de libérer la parole, l’inquiétude et l’exaspération de la population, c’est une vraie souffrance pour la population« , souligne Justine Bénin, députée LREM de Guadeloupe et rapporteur de la commission. 

« Révélations »

« Tous disent aussi que les différents plans » (de prévention) Chlordécone lancés par l’État depuis 2008 « sont insuffisants » et « demandent plus de moyens dans le volet recherche pour la dépollution des sols« , précise-t-elle. « Les moyens mis en oeuvre pour lutter contre ce drame n’ont rien à voir avec la gravité de la question« , déplore aussi Serge Letchimy. À titre personnel, il estime avoir « déjà suffisamment d’éléments pour indiquer quelles sont les responsabilités qui apparaissent comme les plus probables dans les autorisations de mise sur le marché des produits dangereux« , pointant « l’État » et « les importateurs« .

« On a appris des choses, on a eu des indices, des révélations, des documents importants« , ajoute le député, faisant part de certaines « surprises« , « quand vous apprenez par exemple que des archives ont disparu, qu’il n’y a que 16% des terrains ciblés pollués qui sont cartographiés, ou que vous découvrez qu’il n’y a pas de recherche dédiée (à la lutte contre la pollution)« .

Stocks enfouis

Autre révélation, l’annonce, lors de l’audition d’un ancien député de Guadeloupe, que des stocks de chlordécone auraient été enfouis sur un site guadeloupéen qui abrite aujourd’hui un lycée a entraîné l’ouverture d’une enquête judiciaire.

Au fil des auditions, « les langues se sont déliées« , confirme Justine Bénin, qui « a l’impression d’avoir déminé des zones d’incertitude ou de flou« . « Le sujet est sensible et douloureux« , et l’audition des ministres « doit permettre de sortir des passions. Il n’est pas question de lynchage« , mais d’aboutir à « des propositions bonnes pour les hommes et la terre« . Le rapport est attendu début décembre. « Vous ne serez pas déçus« , promet-elle.

REHABILITER la MEMOIRE des ESCLAVES

  « Réhabiliter la mémoire des esclaves » 

 Le CM98 vous attend pour retrouver avec vous vos ancêtres esclaves  En savoir plus… 

 Les bénévoles du Groupe Bases de Données Archives ont retrouvé dans les archives : un indien…  En savoir plus…     En savoir plus…   

Adhérez et soutenez le CM98, c’est ainsi que nous pourrons relever les défis qui se dressent devant nous…  En savoir plus… 

Sur la route du Souvenir et de la Mémoire de l’abolition de l’esclavage, du Bénin à Saint-Domingue d’août 2019…on en parle ce soir dans le BOUYON KILTIRÈL 

Cent soixante personnalités signent une lettre ouverte pour la mémoire en hommage des tirailleurs africains et antillais 
Proclamation de l’abolition de l’esclavage dans la partie Nord de Saint-Dominge, c’était le 29 août 1793
Journée internationale du souvenir de la traite négrière et de son abolition le 25 août 2019 à Ouidah au Bénin
Comprendre : Les abolitions de l’esclavage en Guyane : 1794 et 1848 

 📅 LES RENDEZ-VOUS DE LA RENTRÉE 


📅 RENOUVELLEMENT DES ADHÉSIONS 2019/2020
Adhérer au CM98 pour nous aider à continuer à retrouver vos aïeux qui vécurent en esclavage 
📅 ASSEMBLEE GENERALE ORDINAIREDimanche 29 septembre 2019 à 14h – Paroisse Saint-Germain de Charonne
124 rue de Bagnolet, 75020 Paris
📅 ATELIER DE GÉNÉALOGIE ET D’HISTOIRES DES FAMILLES ANTILLAISESPermanences tous les mardis de 17h à 19h
 📅 UNIVERSITÉ POPULAIRE Novembre 2019 : programme et date prochainement  
📅 L’ACTUALITE DU RESEAU
📅 FESTIVAL LE MOIS KRÉOL du 9 octobre au 9 novembre 2019 https://lemoiskreyol.fr/ 
📅 LA DRÉPANOCYTOSE TOUS CONCERNÉS : DREPACTION 2019 – 28 septembre 2019 http://www.apipd.fr/drepaction/      

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75e ANNIVERSAIRE DE LA LIBERATION…. souvenons nous !

 15 août 1944 : Le bataillon antillais participe au débarquement de Provence

L’engagement des Antillais entrés en « dissidence » pendant la Seconde Guerre mondiale reste peu connu. Ces résistants des Outre-mer, fuyant leur terre natale pour rallier les Alliés, ont été oubliés pendant des décennies. Ces anciens combattants des FFL témoignent dans les archives d’Outre-mer.

Documents personnels de dissidents antillais - débarquement de Provence, le 15 août 1944 © DR / OFF / AFP

© DR / OFF / AFP Documents personnels de dissidents antillais – débarquement de Provence, le 15 août 1944

  • Par Odile Paul
  • Publié le 11/08/2019 à 07:01

Le Bataillon des Antilles

Les dissidents, comme les appelle l’amiral Robert, haut-commissaire de la France aux Antilles et en Guyane (1939-1943) et vichyste de la première heure, ont fui son pouvoir répressif. Ils quittent leur île, souvent à bord de gommiers, simples pirogues à voile. Ils partent dans ces embarcations de fortune rejoindre les Anglais de Sainte-Lucie, Trinidad ou la Dominique. Ils répondent à l’appel du Général de Gaulle et veulent s’engager dans les Forces françaises libres (FFL). Après un entraînement à Fort Dix aux États-Unis, ils forment le Bataillon de Marche des Antilles (BMA). Ils rejoignent l’Afrique du Nord en septembre 1943, d’abord Casablanca (Maroc) puis la Tunisie. Certains participent à la Bataille de Monte Cassino en Italie, d’autres débarquent le 15 août 1944 sur la plage de Cavalaire en Provence. Tous participent aux combats pour la libération de la France, de Royan à Strasbourg.

Une reconnaissance tardive

Ils étaient au moins 2 500 Antillais, autant de Martiniquais que de Guadeloupéens, sans oublier les Guyanais. Ils ont combattu sans relâche pendant trois cent cinquante jours. Ces héros des Outre-mer ont été ignorés pendant des années. Ils le regrettent et demandent simplement une reconnaissance de la France. 

Nous étions le 1er Bataillon Antillais, composé uniquement, je le répète encore, d’Antillais et de Sénégalais, préparés, instruits, envoyés à la boucherie, à l’abattoir. Nous étions au premier rang à Cavalaire. Celui qui n’a pas connu Cavalaire, c’était l’enfer.

– Maurice Phanor, soldat du 1er Bataillon Antillais

Regardez cet entretien de Serge Bilé de RFO Martinique avec Maurice Phanor diffusé en novembre 2006 : Témoignage de Maurice Phanor


Euzhan Palcy, réalisatrice martiniquaise, leur rend un vibrant hommage dans son film « Parcours de dissidents » diffusé dès janvier 2006 sur France Ô. Cette collection de témoignages constitués de récits du départ pour les îles anglaises voisines, de l’apprentissage de la guerre puis des combats de Provence, de l’Atlantique ou d’Alsace permet de mettre en lumière cette épopée.

Aucun ancien dissident ne regrette avoir participé à l’action résistante de la Seconde Guerre Mondiale. Ils sont en revanche tous déçus de voir comment leur participation a été méprisée par certains gradés, ignorée par la Métropole et par conséquent souvent méconnue voire dévalorisée par leurs contemporains des Antilles. Il faut pourtant garder à l’esprit que c’est en grande partie grâce à ses colonies (Bataillon Algérien, Tirailleurs Sénégalais, Bataillons Antillais…) que la France a pu garder sa liberté.

– Euzhan Palcy, « Parcours de dissidents », note d’intention de la réalisatrice


Enfin la reconnaissance nationale

La contribution des jeunes soldats des Antilles et de la Guyane durant la Deuxième Guerre mondiale va être, étape après étape, reconnue officiellement, bien après le 60ème anniversaire de la Libération.

Le 25 juin 2009, Nicolas Sarkozy marque les mémoires lors de son discours en hommage aux anciens combattants et résistants antillais de la Deuxième Guerre mondiale à l’occasion de la cérémonie devant le monument aux morts de Fort-de-France. Le chef de l’État qualifie alors d’ »exemplaire » la Dissidence et souhaite que toute la Nation leur rende hommage. Il apporte son soutien à la construction d’un mémorial sur le front de mer, projet porté par Serge Letchimy. Le Président de la République décore quinze résistants antillais. Ce jour est historique pour les dissidents survivants, émus aux larmes.

Regardez le reportage de RFO Martinique : Premier hommage aux dissidents antillais


Cinq ans plus tard, Rémy Oliny et cinq anciens dissidents ou soldats du BA5, reçoivent enfin l’hommage de la Nation à l’Élysée. Pour avoir refusé le joug du régime de Vichy et combattu le nazisme sur les fronts européens, 73 ans après leur entrée en résistance, ils sont faits Chevalier de la Légion d’Honneur. Une cérémonie d’Hommage national aux Dissidents Antillais et Guyanais est organisée aux Invalides. Ils participent également au 70ème anniversaire du Débarquement à Ouistreham, en Normandie, en présence de nombreux chefs d’Etat, dont Barack Obama. 

Je pense surtout aux camarades, qui sont restés dans le canal de Sainte-Lucie. Je pense surtout à mon camarade qui a perdu sa jambe et qui m’a dit : « Miko, je ne pourrais plus danser. » Je me souviens d’un autre camarade, qui est mort gelé en Alsace à la suite de la contre-attaque des Allemands. Il est mort gelé. Je ne parle pas de mon autre camarade de classe, que j’ai laissé dans un cimetière tout près de Mont Cassino (…)
Vous voyez, je suis à l’honneur aujourd’hui, mais eux, on ne sait même pas s’ils ont existé.

– Rémy Oliny, dissident antillais, 29 mai 2014


Regardez le témoignage de Rémy Oliny, invité d’honneur de l’Elysée lors des commémorations du 70ème anniversaire du débarquement en juin 2014 : Témoignage de Rémy Oliny


Le 15 août 2014, lors des Commémoration du 70e anniversaire du Débarquement en Provence au Mont-Faron (Var), François Hollande dans son discours tient à honorer tous ceux qui ont participé au débarquement de Provence en août 1944. Il s’engage à ce qu’une plus grande place soit accordée aux Ultramarins dans le mémorial du Mont-Faron rénové.

https://album.aufeminin.com/album/58419/liberte-liberty-60e-0.html

c’était il y a 15 ans déja …!

UNE EVOCATION de NOTRE -DAME – DE – PARIS

https://album.aufeminin.com/album/903596/notre-dame-850-ans-et-des-cloches-0.html#p25

RETOUR en TERRE D’AFRIQUE… (témoignages)

« Quand j’ai mis les pieds au Cameroun, j’ai verse des larmes de joie »

Jessica Little et Clevlyn Anderson rencontrent leur famille Bamoun à Foumban au Cameroun pour la première fois.
Image captionJessica Little et Clevlyn Anderson rencontrent leur famille Bamoun à Foumban au Cameroun pour la première fois.

Le président du Ghana Nana Akufo-Addo a déclaré l’année 2019  » l’année du retour  » pour les Afro-américains.

Dans cet article, nous irons à la rencontre de certains d’entre eux qui ont recours aux tests ADN pour savoir de quels pays d’Afrique leurs ancêtres étaient originaires.

Une occasion de retrouver leurs familles et même, de changer de nom pour adopter un patronyme africain.

Les Afro-américains représentent 14 % de la population américaine

1619-2019… Cela fera 400 ans, à la fin du mois d’août que 20 africains foulaient le sol de ce qui allait devenir plus tard les Etats-Unis. Ils sont les premiers noirs à avoir été emmenés dans ce pays en tant qu’esclaves. Cette année, on commémore leur arrivée en Virginie dans la colonie anglaise de Point Comfort.

Selon le groupe de chercheurs afro-américains, Trans-Atlantic Slave Trade Database, 388 000 africains auraient été débarqués en Amérique du Nord pendant la période de la traitre négrière.

Lire aussi :

Médecine: jusqu’où ira l’innovation?

Des tests d’ADN pour retrouver les enfants des prêtres

En 2017, il y avait 45 millions d’afro-américains, soit 14 % de la population américaine.

J’ai pu retrouver 30 de mes cousins grâce au test ADN

Avec l’apparition des tests ADN bon marché de plus en plus d’afro-américains cherchent à savoir de quels pays d’Afrique ils viennent. Moyennant quelques dizaines de dollars et un peu de salive collectée dans un tube, on peut vous décliner la liste des régions ou pays d’Afrique dont vous êtes originaires.

AdaEze Naja Njoku, ancienne militaire afro-américaine, a commencé cette exploration en 2008. Plus tard, lorsqu’elle a entendu le message du président ghanéen, Naja dit s’être sentie accueillie.

AdaEze Naja Njoku, cofondatrice d'African Royal DNA
Image captionAdaEze Naja Njoku, cofondatrice d’African Royal DNA

 » Je voulais savoir d’où je venais. Quand j’ai reçu mes résultats (test ADN), j’ai décidé aussitôt d’aller en Afrique. J’ai fait beaucoup de recherches avant de partir au Cameroun. J’ai voyagé en 2010 « , raconte Naja.

Pour elle, il s’agissait d’un retour à « la maison » et elle était sûre que son fils de 6 semaines avec qui elle s’était rendue au Cameroun, allait commencer sa vie du bon pied.

Quand je suis arrivée, j’ai pleuré des larmes de joie.AdaEze Naja Njoku,, Afro-américaine retournée au Cameroun

 » J’ai reçu un accueil extraordinaire sur place. Ma nouvelle famille m’a confié la responsabilité de retrouver d’autres membres de notre parenté et de les ramener à la maison « , explique-t-elle.

Sauf qu’à l’époque les tests ADN permettaient de retrouver le pays ou la région dont les gens étaient originaires en Afrique mais pas de faire des connections avec d’autres personnes pour établir un lien de parenté remontant à plusieurs générations. Un progrès que la science permet désormais.

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L’ADN de Ronaldo demandé pour une affaire de viol présumé

 » Il m’a fallu 7 ans pour trouver des cousins mais aujourd’hui j’en ai 30. Ils m’ont raconté l’histoire de leurs familles. Je suis Ibo, Peul et Yoruba. J’ai désormais trouvé une pièce manquante de mon histoire et de ma vie. Mes nouveaux parents m’appellent chaque semaine pour prendre de mes nouvelles. Ils me donnent un vrai sens de la famille « , confie Naja.

D’ou viens-tu vraiment?

Ce sens de la famille retrouvée, Angela Hicks, une autre afro-américaine l’a expérimenté. La curiosité d’en savoir plus sur ses origines africaines l’a piquée il y a quelques années quand des participants africains, rencontrés à un séminaire, ont demandé à cette fonctionnaire américaine d’où elle venait. Une question à laquelle tout le monde peut répondre sauf la plupart des afro-américains qui n’en ont aucune idée:

 » Je suis rapidement devenue accro, j’ai fait des tests dans trois laboratoires différents ! « , confie-t-elle dans un grand éclat de rire. Les résultats des différents tests étaient cohérents.

Angela Hicks, lors d'une cérémonie d'attribution de nom africain avec sa "cousine ADN" Dorice Petty
Image captionAngela Hicks, lors d’une cérémonie d’attribution de nom africain avec sa « cousine ADN » Dorice Petty

Les afro-américains sont souvent un agrégat de plusieurs pays et tribus africaines:

 » J’ai du sang essentiellement ghanéen, nigérien et congolais du côté de mon père et malgache, ainsi que d’Afrique du Nord, du côté de ma mère « , explique Angela.

Grâce aux nouveaux tests elle a pu retrouver 7 cousins et entrer en contact avec eux.

 » J’ai mon album dédié aux cousins sur Facebook « , mentionne-t-elle.

Facebook est aussi un lieu où elle échange avec d’autres Afro-américains qui, comme elle, ont choisi de retracer leurs racines africaines grâce aux tests ADN. DNA Tested African Descendants, le groupe créé par Naja (citée plus haut), dont fait partie Angela, compte plus de 12.000 membres.

Quand quelqu’un retrouve un parent, nous sommes tous super heureux !Angela Hicks, Afro-américaine

« Dans les groupes, nous partageons beaucoup d’informations sur l’Afrique et la culture des différents groupes ethniques. Nous sortons du schéma de parler seulement de pauvreté et de guerre au sujet du continent ».

Angela raconte que quand un membre du groupe retrouve un parent, c’est un vrai événement pour tout le monde, surtout si le parent africain accepte le contact ne serait-ce que par téléphone ou email.

« C’est vraiment douloureux quand ils ne nous répondent pas », ajoute-t-elle.

‘La plupart des Afro-Américains se sentent un peu comme des orphelins’

Mettre en relation parents africains et enfants perdus américains, c’est une mission que s’est fixée Ada Anagho Brown. La camerounaise élevée aux Etats-Unis est devenue pour beaucoup un pont à travers l’océan Atlantique.

Elle organise des missions en Afrique pour collecter de l’ADN afin de pouvoir améliorer la précision des tests et organise des voyages de retour aux racines avec sa société Roots to Glory.

Ada Anagho Brown, fondatrice de "Roots to Glory"
Image captionAda Anagho Brown, fondatrice de « Roots to Glory »

Ses missions de collecte à travers « l’African royal DNA project » l’a déjà conduite au Bénin, au Cameroun, au Ghana, en Côte d’Ivoire et au Congo-Brazzaville.

Elle constitue ainsi peu à peu une base de données de l’ADN des familles royales africaines. Ces familles ont l’avantage d’être moins soumises aux influences des migrations. Elles ont aussi des arbres généalogiques précis qui remontent sur plusieurs générations.

« La plupart des Afro-Américains se sentent un peu comme s’ils étaient orphelins.Ada Anagho Brown, Camerounaise

 » Pour des Afro-Américains découvrir un lien de parenté en Afrique, c’est retrouver sa famille. C’est la même chose du côté africain. Le roi de Porto-Novo au Bénin a vraiment ressenti cette tristesse intérieure quand il a pu mesurer concrètement, grâce aux tests ADN, le nombre important de parents qui avaient été arrachés à sa famille « , pointe Ada.

Selon elle, le recours aux tests ADN est de plus en plus fréquent chez les Afro-Américains. Le film Black Panther et le message du président ghanéen ont résonné comme des détonateurs.

 » Beaucoup ont voulu savoir de quelle partie du Wakanda ils venaient et je reçois chaque jours des coups de téléphone de personnes me demandant comment faire pour aller au Ghana ? « 

La science tâtonne encore car les laboratoires qui font les tests n’ont pas encore suffisamment d’ADN-type africain pour donner toutes les informations. Chez certains laboratoires, les résultats s’affinent mois après mois et les résultats des tests bougent.

VERS UNE RESTITUTION DES OEUVRES d’ART AU PATRIMOINE AFRICAIN…

Polémiques sur la question de la restitution

Il s’agit de rendre
au continent africain
une partie de son histoire

par Joseph Confavreux

vendredi 30 novembre 2018

 

Le rapport des universitaires Felwine Sarr et Bénédicte Savoy sur la restitution du patrimoine culturel africain remis au président de la République le 23 novembre 2018 a provoqué de nombreux débats dans la presse. Nous reprenons ici, avec son accord, l’article que Joseph Confavreux a publié dans « Mediapart ». Avec un entretien avec Nanette Snoep, Néerlandaise, directrice des musées d’ethnologie de Dresde, Leipzig et Herrnhut en Allemagne après avoir travaillé quinze ans au Musée du Quai Branly.

Restitution du patrimoine :
« Il s’agit de rendre au continent africain
une partie de son histoire »

par Joseph Confavreux Source

Avant même d’être rendu officiellement au président de la République, vendredi 23 novembre, le Rapport sur la restitution du patrimoine culturel africain des universitaires Felwine Sarr et Bénédicte Savoy, a suscité une polémique par voie de presse.

Les tirs de barrage des journaux conservateurs ont ouvert le bal. Le Point, ayant eu la primeur du texte, a mis en exergue un « vocabulaire inspiré des postcolonial studies » et questionné le fond d’un rapport préconisant, selon lui, de « tout rendre ou presque ».

Dans La Tribune de l’art, son fondateur, Didier Rykner y est allé au lance-flammes, jugeant que le rapport mettait « la France dans une position intenable ». Pour ce journaliste, « le choix de ces deux personnalités devait fatalement aboutir aux préconisations très inquiétantes de leur rapport », quitte à faire de Felwine Sarr un portrait largement fantasmé, deux citations trouvées sur Google suffisant à transformer l’économiste et écrivain sénégalais en proche des Indigènes de la République et en « fervent défenseur de Tariq Ramadan ». Ce qui expliquerait pourquoi « il ne fallait évidemment rien attendre d’autre de lui qu’une proposition de “restitutions” massives ».

À l’inverse, Libération titrait son édition du 21 novembre : « Art africain spolié : l’heure du retour », en l’accompagnant d’une photo pleine page d’une statuette africaine semblant se réjouir. Quant au Monde, son éditorial daté du 23 novembre mettait en avant le « risque pour les collections nationales » d’une « voie maximaliste » susceptible de les démanteler, collections dans lesquelles le nombre total de pièces africaines est estimé à plus de 90 000.

Quels sont alors les enjeux de cette séquence ouverte par la déclaration d’Emmanuel Macron, il y a un an à Ouagadougou, annonçant vouloir que « d’ici cinq ans les conditions [seraient] réunies pour des restitutions temporaires ou définitives du patrimoine africain en Afrique » ? Panorama comparatif et éléments de réponse avec Nanette Snoep, Néerlandaise qui, après avoir passé 15 années au Quai Branly, est depuis 2015 directrice des musées d’ethnologie de Dresde, Leipzig et Herrnhut en Allemagne et prendra, à partir de janvier 2019, la direction du musée ethnographique de Cologne.

La déclaration faite par Emmanuel Macron à Ouagadougou le 28 novembre 2017 et le rapport rédigé par les universitaires Felwine Sarr et Bénédicte Savoy introduisent-ils une rupture dans la politique française vis-à-vis des collections des musées français issues du continent africain ?

Nanette Snoep : Nous sommes face à une véritable transformation, qui ne touche pas seulement la France, mais concerne toute l’Europe. Avant le rapport de Sarr et Savoy, j’ai eu le sentiment que la déclaration d’Emmanuel Macron avait eu un effet plus fort en Allemagne qu’en France, mais cela va sans doute changer !

Nanette Snoep © DR

Quoi qu’il en soit, nous sommes face à un changement d’ampleur dans la façon de penser les politiques culturelles, patrimoniales et muséales. Le débat sur la restitution des œuvres issues de l’héritage colonial et présentes dans les collections ethnographiques m’intéresse depuis longtemps, et cela va faire 20 ans qu’il est enclenché. Mais on assiste à une accélération puissante depuis au moins deux ans.

L’enjeu est-il posé de manière différente en Allemagne et en France, et cela est-il davantage lié à des passés coloniaux différents ou à des contextes post-coloniaux qui ne sont pas identiques ?

Il existe des différences importantes entre la France et l’Allemagne, ne serait-ce que parce que l’Allemagne a perdu ses colonies après la Première Guerre mondiale, tandis qu’en France, les effets de la colonisation demeurent encore très présents. Les relations économiques, démographiques, culturelles entre l’Afrique et la France sont incomparables avec celles qui existent avec l’Allemagne.

Depuis quelques années, on a assisté, en Allemagne, à un réveil du passé colonial, qui a longtemps été relégué derrière l’histoire de la Shoah. Mais l’Allemagne aborde la question des butins coloniaux à travers le travail qui a été fait sur la spoliation des biens juifs. Des lois, des méthodes de recherche et des cadres de restitution ont été établis à cette occasion. C’est d’ailleurs un même organisme, à Leipzig, qui s’occupe des biens juifs spoliés et a reçu pour mission de s’occuper des butins de guerres coloniaux.

Une autre différence est que le sujet est abordé de manière beaucoup plus pragmatique en Allemagne qu’en France. Après la déclaration de Macron faite à Ouagadougou, des demandes de restitution ont été adressées à Angela Merkel, sans qu’elle prenne position publiquement. Mais une commission a été mise en place, un rapport a été rendu au printemps dernier pour savoir quoi faire de nos butins coloniaux, et des recherches précises ont été lancées.

En France, le rapport annonce que beaucoup des œuvres des musées nationaux devraient être restituées et cela déclenche des réactions émotionnelles. J’ai d’ailleurs été surprise que personne ne réagisse, en France, vis-à-vis du choix de Felwine Sarr et Bénédicte Savoy, une historienne de l’art qui connaît bien la situation allemande. La question est maintenant de savoir si cela va avoir des conséquences ou si cela va rester un effet d’annonce.

Peut-on et faut-il distinguer, et si oui comment, les biens acquis dans les musées européens par des prises de guerre, par des collectes ethnographiques ou par des achats égaux ou inégaux ?

La distinction est importante. Quand on regarde les collections, certaines œuvres proviennent clairement de butins de guerre, par exemple pour le royaume du Dahomey. Quand on consulte les archives, on voit qu’à la fin du XIXe siècle, on en parle d’ailleurs ainsi, en toute transparence, tandis que, plus tard, on va éviter de prononcer ces termes.

Les collectes ethnographiques constituent une zone plus complexe, qui ont impliqué des ethnologues, des géographes, des missionnaires… On ne sait pas toujours comment les pièces sont arrivées dans les musées, mais on sait que, parfois, il s’agissait de vol, comme dans l’exemple souvent cité du journal de Michel Leiris confessant avoir dérobé un objet sacré au Mali, à l’occasion de sa participation à la Mission Dakar-Djibouti, une expédition dirigée par l’ethnologue Marcel Griaule au début des années 1930.

Membres de la Mission Dakar-Djibouti
au musée d’Éthnographie du Trocadéro, Paris 1931.

De gauche à droite : André Schaeffner, Jean Mouchet, Georges-Henri Rivière,
Michel Leiris, le baron Outomsky, Marcel Griaule, Éric Lutten,
Jean Moufle, Gaston-Louis Roux, Marcel Larget.

Les ethnologues partaient rarement seuls et souvent accompagnés de soldats. Dans l’inventaire de départ de cette même mission, dont une grande partie de la collecte se retrouve aujourd’hui au Quai Branly, on note ainsi la présence de nombreux fusils. Et même quand les ethnologues partent sans fusils, cela n’empêche pas les rapports de force.

Peut-on savoir dans quel contexte un chef religieux a pu livrer ses objets sacrés à un ethnologue ? Il existe des enjeux de pouvoir, financiers, symboliques et politiques, qui font qu’on n’est pas dans la même problématique que pour des butins de guerre, mais qu’on demeure toutefois dans des rapports de force.

Quant aux achats, ils ne sont pas non plus exempts de ces rapports de force. Les archives nous montrent des cas de personnes contraintes de céder leurs objets à vil prix. Quand on parle des biens juifs spoliés, on inclut d’ailleurs ceux des Juifs qui ont vendu, dès 1933, des œuvres par exemple pour financer leurs fuites, ou n’ont pas pu vendre au juste prix. Ces œuvres sont aujourd’hui considérées comme ayant été spoliées et à restituer, même s’il existe un acte d’achat. On sent aujourd’hui l’inquiétude des marchands sur le sujet, mais une preuve d’achat n’est pas une garantie suffisante de l’équité de la transaction.

Même s’il existe, dans tous les cas, des rapports de pouvoir, il demeure important de distinguer les différentes catégories d’appropriation du patrimoine africain, et donc de bien connaître le contexte de collecte. Les auteurs du rapport ont raison d’estimer que l’ethnologue ou le marchand doivent pouvoir prouver avoir acquis leurs objets de manière correcte, mais cela va être difficile.

Que pensez-vous du fait que le rapport demande que tout objet qui aurait été emporté sans le consentement explicite ou très vraisemblable des propriétaires ou gardiens des œuvres puisse être restitué aux pays africains qui en feraient la demande ?

Pour moi, la notion de consentement explicite est importante et les auteurs du rapport ont donc raison de l’employer, parce qu’on se trouve en effet le plus souvent dans une zone grisâtre. On peut très rarement, en effet, prouver le consentement explicite. Mais si je prends l’exemple des objets venant de Syrie qui sont arrivés ces dernières années sur le marché européen, en tant que directrice de musée, je refuse d’en acheter parce que je ne pense pas qu’il y ait eu de consentement explicite.

Le mérite de ce rapport est qu’il va obliger les directeurs de musée, les marchands, voire les usagers des musées, à réfléchir à leurs pratiques. Il me semble important et courageux de mettre ce motif du consentement au cœur de la question des restitutions, parce que les musées doivent repenser leur éthique de collecte. Ils ne peuvent plus se permettre d’acheter, parfois pour des millions d’euros, des objets sacrés circulant sur le marché de l’art européen en s’abritant derrière l’existence d’actes d’achat.

Felwine Sarr

Le rapport Savoy-Sarr n’aborde que l’Afrique noire. La question des revendications et des restitutions ne se pose-t-il pas de la même manière pour l’Afrique noire, le Maghreb, l’Océanie ou l’Asie ?

Comme l’a dit Emmanuel Macron lors de sa déclaration de Ouagadougou, il y a là un cas vraiment particulier, au sens où la grande majorité de l’héritage culturel et du patrimoine africain se trouve aujourd’hui dans les galeries et musées européens ou américains.

Ce n’est pas pareil pour l’Asie. Je suis néerlandaise et beaucoup de collections indonésiennes se trouvent aujourd’hui en Hollande. Mais si vous allez à Jakarta, vous trouvez des musées disposant de collections richissimes, et on ne peut donc pas dire que l’Indonésie soit dépourvue de patrimoine indonésien. Cela ne veut pas dire que les restitutions aux pays asiatiques ne soient pas justifiées et importantes, mais c’est sans doute moins urgent que pour l’Afrique.

Restituer certains objets, ce n’est pas seulement une question de patrimoine. Il s’agit de rendre au continent africain une partie de son histoire pour permettre aux Africains de prendre en main cette histoire. Pour moi, les restitutions peuvent donner une énergie au continent africain en lui offrant la possibilité de dire : « on a un patrimoine, on va s’en occuper et on va ainsi se projeter vers l’avenir », même si la manière de prendre en charge ce patrimoine ne sera pas la même que dans les musées européens.

L’important n’est pas seulement la restitution de l’objet, mais aussi de la partie de l’histoire dont l’Europe s’est emparée et qui demeure inaccessible aux Africains. Dans mon musée, je fais actuellement une exposition sur Kinshasa et le plus grand problème auquel j’ai été confrontée a été de faire obtenir des visas aux artistes que je voulais inviter.

Les musées allemands, britanniques ou français ne peuvent prétendre être des musées universels, ne serait-ce que parce que les Africains n’ont pas accès à la même mobilité que les Européens. Aujourd’hui, l’histoire du royaume de Dahomey se retrouve au Quai Branly, alors que les Béninois ne reçoivent pas de visas.

Bénédicte Savoy

Comment jugez-vous l’argument mis en avant par les plumes qui s’inquiètent du rapport Savoy-Sarr en expliquant qu’il n’est guère possible de savoir à quel pays rendre certains objets accaparés avant le dessin des actuelles frontières ?

C’est un mauvais argument, même s’il est vrai que si la France ou l’Allemagne ne veulent travailler qu’avec les États, on aura des soucis. Mais la restitution peut se faire à un village ou à un musée privé, il faut savoir dépasser le cadre des États ! Dans mes musées existe une grande collection en provenance de Namibie qui a été largement composée pendant les années du génocide des Héréros et des Namas, au début du XXe siècle, perpétré pendant la colonisation allemande.

Le Land de Saxe est prêt à faire des restitutions à des associations qui le demandent, alors que cela coince au niveau interétatique, entre l’Allemagne et la Namibie. Il existe plein de petits musées privés en Afrique qui sont tout à fait en mesure d’accueillir ces restitutions. On peut chercher d’autres partenaires que les musées nationaux. Et on peut tout à fait aussi imaginer qu’un objet sacré, par exemple, soit restitué au village d’où il provient.

Un argument récurrent, employé par exemple par La Tribune de l’art, est alors de craindre la mauvaise conservation, et de donner en exemple la façon dont, après les restitutions faites par les Belges au musée de Kinshasa dans les années 1970, les œuvres ont été pillées et dégradées.

Mais les choses ont évolué et on donne toujours ce même exemple, qui oublie que, pendant des décennies, les collections africaines ont souvent été très mal traitées et mal conservées en Europe. Aujourd’hui, les réserves du Quai Branly sont tout à fait bien, mais quand j’y suis arrivée, au milieu des années 1990, c’était loin d’être le cas ! Il faut être modeste quand on critique les Africains et la manière dont ils conservent le patrimoine…

Un autre argument entendu à l’encontre de ce rapport est qu’il va vider et détruire les collections. Que vaut-il ?

En Europe, nous avons des centaines de milliers d’objets en provenance du continent africain. Le Quai Branly [qui détient environ 70 000 objets en provenance d’Afrique – ndlr], comparativement aux musées allemands, ce n’est rien ! Rien que dans les musées de Saxe, nous avons 80 000 objets venant d’Afrique. À Berlin, il y a plus de 500 000 pièces issues des autres continents. La peur que les musées européens se vident est donc infondée.

Avez-vous déjà été confrontée à des demandes de restitution ?

Oui, par exemple de restes humains d’Hawaï. Un groupe d’Hawaïens a fait une première demande de restitution aux musées de Saxe en 1991, renouvelée tous les ans, mais restée sans réponse. Quand j’ai pris ma fonction de directrice, en 2015, cette demande était sur la table et il a fallu batailler pour la faire, et la faire dans des conditions respectueuses.

L’important n’est, en effet, pas seulement le fait de restituer. C’est important de savoir comment on fait pour restituer. On ne va pas se contenter d’envoyer par la poste, mais est-ce qu’on fait une cérémonie ou un rituel ?

Les restitutions peuvent être l’occasion de gestes de réparation et le socle de relations futures, de projets en commun. Il ne faudrait pas que les restitutions deviennent juste un moyen pour se débarrasser d’une histoire qui fait mal. Est-ce que le récit d’un vol d’objet doit rester au musée qui effectue la restitution ? Comment parler d’un objet qui a été rendu, mais dont le passé demeure ?

FIGURES LEGENDAIRES

Nelson .Mandela

Centenaire de la naissance de N. MANDELA

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Fresque au Pont  de  Bondy(93)

Malala

Malala Yousafzai ou Malala Yousufzai (en ourdou : ملالہ یوسف زئی) est une militante pakistanaise des droits des femmes1, née le 12 juillet 1997 à Mingora, dans la province de Khyber Pakhtunkhwa, où elle s’est opposée aux talibans qui tentaient d’interdire la scolarisation des filles. Elle a vécu à Mingora, principale ville du district de Swat, dans le Nord-Ouest du Pakistan, une zone proche de l’influence des talibans. Symbole de la lutte pour l’éducation des filles et contre les talibans, elle a reçu plusieurs distinctions pakistanaises et internationales à la suite de ses prises de position alors que sa région était l’objet d’une lutte entre les talibans pakistanais et l’armée. Durant son enfance, Malala a écrit un blog pour la BBC2, racontant son point de vue sur l’éducation et sa vie sous la domination talibanes. Le 9 octobre 2012, elle est victime d’une tentative d’assassinat où elle est grièvement blessée, un attentat condamné par toute la classe politique du pays. Elle est transférée vers l’hôpital de Birmingham au Royaume-Uni le 15 octobre pour suivre un traitement plus poussé. Cette attaque conduit à une médiatisation internationale de Malala Yousafzai. En 2014, âgée de 17 ans, elle obtient le Prix Nobel de la paix avec l’Indien Kailash Satyarthi, ce qui fait d’elle la plus jeune lauréate de l’histoire de ce pays.

 

 

détail artistique de  l’oeuvre  (oeil  droit)

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Toni Morrison, la consécration d’une écrivaine afro-américaine

En quelques romans, Toni Morrisson s’est imposée comme un monument de la littérature afro-américaine. Son oeuvre et son parcours forcent l’admiration.

Tout semble réussir à Toni Morrison, première écrivaine noire américaine à être nommée pour le prix Pulitzer et à le remporter. C’était  en 1988  pour le livre Beloved, plus tard adapté au cinéma.

Le parcours sans faute de Toni Morrison est marqué par la mort de on fils Slade, avec qui elle a écrit 4 livres pour enfant.

En 2005, Toni Morrison est nommée Docteure honoris causa en Arts et Littérature de l’Université d’Oxford, puis en 2011, de l’Université de Genève.

Parallèlement, elle enseigne à l’Université d’État de New York, avant d’obtenir un poste de professeure de littérature à l’Université de Princeton où elle devient également titulaire de la chaire de littérature anglaise.

La même année, le jury du supplément littéraire du New York Times consacre Beloved « meilleur roman de ces 25 dernières années » et en novembre 2006, le Musée du Louvre fait de Toni Morrison son invitée d’honneur.  

 Aujourd’hui retraitée de l’enseignement, Toni Morrison, toujours active, a présenté l’adaptation de son livre Desdemona inspiré du Othello de William Shakespeare en 2012.Il s’agit d’une comédie musicale réalisée en collaboration avec Peter Sellars et la chanteuse malienne Rokia Traoré.

La même année elle est décorée de la Médaille présidentielle de la Liberté par le président Barack Obama et à l’automne 2016, elle reçoit le Pen/Saul Bellow Award pour son succès dans la réalisation de fiction américaine. 

Toni Morrison et Barack Obama

 Toni Morrison a apporté un nouveau souffle à la littérature américaine  et afro-américaine.  Entre rêve et réalité, ses romans dont les personnages principaux sont généralement des femmes, décrivent le folklore, les croyances et la misère des Noirs aux États-Unis.

Les thèmes de l’identité bafouée, de l’origine et du déracinement occupent une place centrale.

Des romans à lire, et une auteure à découvrir absolument ! 

  Romans 

  • L’Œil le plus bleu, titre VO The Bluest Eye,  1970 
  • Sula, 1973, 
  • Le Chant de Salomon, titre VO Song of Solomon,1977 
  • Tar Baby, en anglais, 1981  
  • Beloved, 1987  
  • Jazz, 1992 
  • Paradis, titre VO Paradise, 1994 
  • Love, titre VO Love, 2003,  
  • Un don, titre VO A Mercy, 2008) 
  • Home, 2012  
  • Délivrances, titre VO God Help the Child, 2015) 

 

PYCHANALYSE DU CREOLE et de son usage.

« L’invention de la langue créole a sauvé les esclaves d’un état de déshumanisation »

Jeanne Wiltord, psychiatre  et psychanalyste

Le 28 octobre est la Journée internationale des langues et des cultures créoles. La psychiatre et psychanalyste martiniquaise Jeanne Wiltord relate son expérience auprès de ses patients et explique comment la violence de l’esclavage s’est exercée aussi sur la langue créole.

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  • Par Philippe Triay
  • Publié le , mis à jour le 
Née en Martinique, Jeanne Wiltord est docteur en psychiatrie et psychanalyste. Membre de l’Association lacanienne internationale, ses recherches portent notamment sur les questions de la langue créole aux Antilles, de l’esclavage, de la colonisation, du racisme, et des dynamiques post-coloniales. Certains de ses travaux sont disponibles ici. Interview.

D’après votre expérience, pourquoi les Antillais sont-ils si réticents utiliser le créole lors des consultations médicales en général, alors qu’ils l’utilisent très fréquemment dans la vie courante pour la plupart?
Jeanne Wiltord :
 Mon expérience de psychanalyste concerne pour la très grande majorité de mes patients, des Martiniquais non békés. Les patients que j’ai reçus m’ont beaucoup enseignée. Plusieurs éléments peuvent être évoqués dans la difficulté, qui n’est pas une réticence, à parler créole au cours d’une psychanalyse. Le premier est que parler créole au cours d’une psychanalyse peut renvoyer un adulte à la transgression d’un interdit de parler créole que ses parents lui ont énoncé au cours de son enfance. Surtout dans les milieux de la bourgeoisie et de la petite bourgeoisie, mais pas seulement, s’entend toujours en Martinique et aussi en Guadeloupe « Mwen pa lé ou palé kréyol, ou mwen pa vlé ou palé kréyol isidan » (« je ne veux pas que tu parles créole »).
Au-delà de la diglossie sociale français-créole, il faut aussi prendre en compte qu’elle est dite « langue malélevé », ce qui est à entendre comme langue qui a des connotations sexuelles. « Parler », dans la relation de transfert que met en place une psychanalyse, mobilise des désirs inconscients inaudibles dans notre parole sociale. À partir de l’embarras, voire de l’angoisse, à utiliser le créole au cours d’une psychanalyse, j’ai pu entendre que cette angoisse venait de ce que cette langue était dite  « trop proche, trop immédiate ». Cela m’a fait interroger ce qui dans la structure même de cette langue renvoyait à ce qui ne nous est pas accessible et dont nous nous protégeons en parlant. J’en suis arrivée à une hypothèse où cette langue maintiendrait un rapport précoce et ressenti comme violent, au corps de la mère. Ne pas parler créole au cours d’une psychanalyse serait une sorte de « siyak » (« détour », en créole, ndlr) pour tenter d’esquiver l’angoisse que fait surgir une expérience qui peut s’éprouver sans que ce soit dicible dans la toute petite enfance, la proximité du corps de la mère. La psychanalyse appelle cet éprouvé indicible, jouissance (à ne pas confondre avec le plaisir).

Parler créole au cours d’une psychanalyse peut renvoyer un adulte à la transgression d’un interdit de parler créole que ses parents lui ont énoncé au cours de son enfance.

En psychiatrie ou lors d’une psychanalyse, l’usage de la langue maternelle – en l’occurrence le créole pour de nombreuses personnes – ne facilite-t-elle pas mieux la libération de la parole du malade ?
Les conditions de création de la langue créole dans la violence déstructurante de la colonisation esclavagiste l’ont marquée, telle qu’elle est parlée actuellement, de traits qui ne facilitent pas la parole dans une psychanalyse. Une remarque me paraît aussi importante. « Péla », « on ne demande pas » et bien d’autres interdits, portent sur l’usage même de la parole dans l’éducation des enfants et aussi dans les relations sociales aux Antilles. Le colloque Pawol pani koulè (la parole n’a pas de couleur, ndlr) organisé par l’Association lacanienne internationale – Antilles (en cours de publication) a été d’un apport très riche sur cette question. Ceci dit, je n’ai jamais entendu un Antillais parlant français sans qu’une oreille attentive ne puisse entendre certaines tournures du créole dans le français parlé (*sous entendu  traduction  de l’expression  créole  en  français, une forme  explicite  de   diglossie*)

Quelle est votre sentiment sur la place de la langue créole aux Antilles actuellement ?
Vous savez que les sentiments, les positions idéologiques introduisent des éléments subjectifs qui sont la cause de flambées imaginaires qui troublent la réflexion et l’analyse  des problèmes. Ce n’est donc pas à partir de mes sentiments que je réponds à vos questions. Le professeur Jean Bernabé qui a fondé le GEREC-F (Groupe d’Études et de Recherches en Espace Créolophone et Francophone, ndlr) à l’ex-université  des Antilles et de la Guyane, a participé aux séminaires de psychanalyse que nous avons organisés en Martinique. Son apport a été inestimable pour notre réflexion de psychanalyste et sa mort est pour nous une réelle perte. À l’un de nos derniers séminaires, il soulignait que la diffusion actuelle du créole dans des domaines où il n’était pas parlé auparavant s’accompagnait d’une « décréolisation » de cette langue.

La colonisation esclavagiste racialisée a eu un effet traumatique collectif en ce que la violence de cet esclavage, lié à la première mondialisation du capitalisme, s’est exercée sur les corps et sur les langues parlées par les esclaves.

Concernant la question de l’esclavage d’un point de vue psychiatrique, peut-on parler d’un traumatisme qui se transmettrait de génération en génération selon vous ? Quelle est la place du créole dans cette configuration ?
La question du traumatisme psychique est en effet une question énorme qu’il est nécessaire de prendre en compte pour éclairer la lecture des sociétés des Antilles. Je l’ai abordée dans la conférence que j’ai faite au Cénacle à Fort-de-France, à la suite des évènements sociaux de 2009 : « Les békés maîtres et pères ? ». Béké serait l’imaginaire de la blessure innommable léguée par la colonisation esclavagiste racialisée, que j’appelle CER, aux Antilles. Je vais essayer de vous dire en quelques mots des choses qui font appel à des références psychanalytiques qui ne sont bien sûr pas habituelles.
La colonisation esclavagiste racialisée a eu un effet traumatique collectif en ce que la violence de cet esclavage lié à la première mondialisation du capitalisme, s’est exercée sur les corps et sur les langues parlées par les esclaves. Je parle de traumatisme qui désorganise la subjectivité inconsciente des êtres qui parlent. Pour le dire rapidement, les Africains réduits en esclavage et transbordés aux Antilles se sont trouvés confrontés à une expérience de violence déshumanisante, parce qu’elle a détruit les langues qu’ils parlaient, et parler est une activité symbolique qui nous spécifie comme être humains. Edouard Glissant a appelé ceux du transbord, les « migrants nus ». « Nus » parce que – c’est mon interprétation – dépossédés, privés de leurs langues, ils ont été confrontés non pas à la réalité, mais à un réel nu, sans mots pour le nommer.
Il faut bien comprendre que le traumatisme renvoie à une expérience d’effroi, d’angoisse extrême, qui se produit hors du champ de la parole et du langage. C’est une rencontre soudaine, brutale, qu’aucune parole n’a préparée, qui fait effraction dans le système symbolique qui fonctionne pour les êtres qui parlent, comme un filtre au réel. Cette expérience les a laissés dans un état de sidération psychique face à un réel dénudé du symbolique. Seuls les a sauvés de cet état de déshumanisation, l’imaginaire et l’invention de la langue créole, système symbolique qui s’est structuré dans l’urgence et dans la violence de la rencontre des parlers français des colons et de ce qui restait aux esclaves des langues qu’ils parlaient en Afrique.
Le traumatisme est une blessure psychique qui ne se transmet pas par une inscription symbolique inconsciente, mais par des poussées pulsionnelles qui poussent à la répétition en acte sans pouvoir dire, nommer la souffrance. Cela se traduit par l’incapacité à entretenir un débat, l’impossibilité à régler un conflit par la parole mais par la violence physique, les coups, des passages à l’acte souvent meurtriers. Il laisse dans l’incapacité de soutenir un désir en son nom. C’est pourquoi les mots sont nécessaires – travail de recherches des historiens, recherches généalogiques et apport du travail psychanalytique – pour sortir la blessure du traumatisme, de la fixité de la répétition. C’est la seule issue à la fixité du traumatisme.

Nb.  cet  ajout  est personnel.

TOUT ce que vous avez toujours voulu savoir sur le créole …

Ce lundi s’est achevée la 8ème édition du mois du créole. Afin que vous puissiez garder en tête quelques éléments essentiels liés au créole, nous avons listé pour vous quelques informations précieuses qui vous seront sans doute utiles par la suite. Certaines sont d’ailleurs assez surprenantes…

Il existerait 127 créoles dans le monde

Lors d’un recensement effectué en 1977, Ian Hancock, docteur en linguistique à l’Université du Texas, dénombrerait 127 créoles différents dans le monde, dont les suivants :

35 à base d’anglais
15 à base de français
14 à base de portugais
7 à base d’espagnol
5 à base de néerlandais
3 à base d’italien
6 à base d’allemand
1 à base de slave
6 à base amérindienne
21 à base africaine
10 à base non indo-européenne (asiatique)

Le créole est un phénomène linguistique d’importance considérable

Un créole se forme au contact des langues pour en former une nouvelle. Tout créole est essentiellement le résultat du mixage de langues différentes. Il existe des créoles à base française, anglaise, portugaise, néerlandaise et espagnole (plus rare).

Les Antilles, bassin des créolophones

La population créolophone la plus importante se trouve aux Antilles ainsi qu’en Guyane française et Guyana. On parle donc le créole à : Anguilla, Antigua, les Antilles néerlandaises (Aruba, Bonaire et Curaçao), les Bahamas, la Barbade, le Belize, la Grenade, la Jamaïque, Haïti, la Guadeloupe, la Martinique, Saint-Barthélemy, la Dominique, Sainte-Lucie, Saint-Christophe-et-Niévès (Kitts-et-Nevis), Saint-Vincent-et-les-Grenadines, la Trinité-et-Tobago, le Surinam, la Guyana et la Guyane française.

L’Afrique a aussi ses créolophones

Un second groupe de créolophones est situé en Afrique : les îles du Cap-Vert, la Guinée-Bissau, la Sierra Leone, les îles Saõ Tomé-et-Principe, mais aussi au Cameroun, en République centrafricaine, puis dans l’océan Indien soit aux Comores, aux Seychelles, à l’île Maurice (et l’île Rodrigues) et à l’île de La Réunion.

Saviez-vous que le créole se parlait en Asie du Sud-Est et en Océanie ?

Et oui ! On parle également le créole aux Philippines, à Singapour, en Papouasie- Nouvelle-Guinée, au Vanuatu et en Nouvelle-Calédonie (le tayo de Saint-Louis). Dans un grand nombre de cas, les créolophones correspondent à de petites communautés de quelques milliers de personnes chacune, parfois de quelques centaines.

10 000 000

On compte environ dix millions de locuteurs des créoles français. C’est le groupe numérique le plus important des créolophones dans le monde entier. On les retrouve aux Antilles, en Guyane et dans l’Océan Indien. En chiffres, ça donne ça : Haïti (sept millions de locuteurs), l’île Maurice (un million), LaRéunion (600 000), la Guadeloupe (425 000), la Martinique (380 000), Saint-Barthélemy (1 000), Sainte-Lucie (112 000), la Dominique (57 000).

Le créole anglais

Les créoles anglais sont relativement plus nombreux que les créoles français, mais ils sont parlés par moins de locuteurs (cinq millions): on les trouve principalement aux Antilles, au Guyana, Surinam, en Afrique et dans le Pacifique.

Créoles portugais, espagnols et néerlandais

Les créoles portugais sont parlés dans les anciennes colonies portugaises (Brésil, Cap-Vert et Guinée-Bissau), mais aussi dans les Antilles néerlandaises. Le créole le plus connu est le papiamento parlé dans les anciennes Antilles néerlandaises par quelques 319 000 locuteurs. Les créoles à base d’espagnol ne sont guère nombreux et les créoles à base de néerlandais sont pratiquement tous éteints.

 

 

Et le créole devint réalité dans l’Hexagone …(le point en 2011)

Le créole, qui s’enseignait exclusivement en Guadeloupe, Martinique, Guyane et La Réunion, devient désormais une réalité hexagonale.

 

Dès la session 2007, Patrick Karam, délégué interministériel pour l’Égalité des chances des Français d’outre-mer avait mis en place avec le ministre de l’Education nationaleune épreuve obligatoire de créole LV2 et LV3  au baccalauréat général et technologique dans l’Hexagone.

À la rentrée scolaire 2008,  la délégation interministérielle, mettant en œuvre un engagement présidentiel, a obtenu l’enseignement de créole facultatif dans 2 lycées d’Ile-de-France (Paul Eluard de Saint-Denis et Léon Blum à Créteil). Deux vacataires dont les noms avaient été proposés par Patrick Karam ont été nommés sur ces postes.

En 2008 l’enseignement a été dispensé en classe de seconde. En 2009 il a été étendu aux classes de 1ère, puis en 2010 aux classes de Terminale.

À la rentrée 2010, on compte 14 élèves au lycée Paul Eluard sur les 3 niveaux et au lycée Léon Blum on dénombre 19 élèves sur les 3 niveaux, dont 10 en terminale.

Dès la session du baccalauréat 2011, les élèves de ces 2 lycées qui sont en Terminale pourront passer le créole en épreuve facultative, ce qui signifie que leur note ne sera prise en compte que si elle est supérieure à la moyenne, contrairement à l’épreuve obligatoire qui constituait jusque là un frein à l’inscription des élèves.

Une extension dans toute l’île de France

Cette mesure voulue par le délégué interministériel et le ministre de l’Education nationale sera étendue dans un premier temps à tous les candidats en Ile-de-France, y compris ceux qui n’auraient pas suivi l’enseignement scolaire.

En 2010, on comptait

958 candidats en épreuve facultative au baccalauréat (311 en Martinique, 445 en Guadeloupe, 104 en Guyane, et 98 à la Réunion, 0 dans l’hexagone)

et 332 candidats en épreuve obligatoire (12 en Martinique, 258 en Guadeloupe, 0 en Guyane, 1 à la Réunion et 61 dans l’Hexagone (29 en créole martiniquais, 25 en créole guadeloupéen, 2 en créole guyanais, 5 en créole  réunionnais).

L’introduction des épreuves facultatives en Ile-de-France permettra de multiplier les candidats.

Le délégué interministériel se félicite de ces avancées.

Afin de pérenniser ces acquis, il va proposer au  ministre de l’Education nationale de nommer désormais un titulaire en lieu et place des actuels vacataires et la généralisation des épreuves facultatives à l’ensemble de l’Hexagone.

Le délégué demande aussi aux associations de prendre leur part en sensibilisant les ultramarins afin que des demandes d’enseignement en créole émanant d’élèves et de parents puissent permettre de développer le dispositif.

 

Publié par bondamanjak

 

Commentaire de  Pierre VERGES : et dire qu’ici, à La Réunion, il se trouve encore des concitoyens qui ne veulent pas entendre parler de cette consécration nécessaire de notre langue.

Au motif futile qu’il suffit de le vivre, de le parler, et que point n’est besoin de l’enseigner…

LETTRE D’UN AMI en période de Noël à la Martinique

Hello, hello ! sa’w fè ? Bon et joyeux noël et Bonnes, agréables fêtes de fin d’année ! pour cela je t’envoie du chaud soleil avec qq brises des douces alizées de cette période pas trop chaude mais surtout un peu de tout ce qu’il y a de bon dans notre ile « où l’air a des odeurs de sucre et de vanille’, des saveurs d’épices et de liqueurs au rh… vanillé. J’ai fait comme d’habitude mon schrub moi-même ! oui Mesieu ! Hummmmmmm ! je ne te dis pas !. Je ne suis pas prêt de perdre mes kg superflus avec tout ça malgré qq marches et bains de mer. En plus des ignames de cette période il y a des fruits à pains (hors saison) que je ne boude pas dans mon assiette. Tout est beau, tout est bon (presque) pour celui qui ne vit pas là toute l’année (comme moi) mais attention ! tout n’est pas rose dans ce pays « où on confond pistache et cacahuètes » comme le dit si bien sur BMJ. En effet, politique, commerce de supermarchés, chômage, misère, violence et autres ingrédients durs de la vie. Le Père Noêl lui est de plus en plus blanc sur son traîneau tiré par des rennes nordiques, dans la neige lointaine des paysages d’ailleurs au beau milieu des panneaux publicitaires implantés aux pieds de nos mornes et les catalogues regorgent de produits made in ailleurs où les produits dits « locaux » comme le jambon de Noêl nous arrive d’ailleurs et flirte avec les sapins, la neige sous un air de bon à consommer. D’ailleurs les pêcheurs interdits de vente de langoustes à la veille des fêtes pour cause de chlordé.. bloquent le port par où arrivent tous les containers chargés de produits d’importation. Mais pour la Noêl, il semble bien qu’il n’ait manqué aucune décoration ni de quoi se mettre dans la panse. Je me suis rabattu sur ma petite viande roussie de « ti-cho ou tcho ! tcho ! », un peu de pois d’angole, igname poule, des topinambours, mandarines et d’autres petits pâtés de cochon. Du local svp. Fout’ i té bon. Je fais pénitence pendant ces jours d’abondance et demande au Seigneur de donner un peu aussi à tous ceux qui n’ont pas la chance d’avoir comme moi cette si belle chance de vivre de si bons moments au chaud. Donc je pense énormément aussi à toi et à ceux qui sont restés sous la grisaille et dans le froid hivernal continental et n’ont pas tout ce bon plaisir d’être ailleurs. Joyeux Noêl et Très Bonnes Fêtes de fin d’année en attendant une nouvelle année que déjà je te souhaite excellente et meilleure que celle qui s’achève. Bon Fòs vieux Frère ! Bon courage ! ek an lòt solèy . tjinbé rêd anba frédi-a. et vivement que tu viennes faire un tour dans ce décors pour ne plus avoir envie de repartir….. Tout un programme ! N’est-ce pas ?

Serge ROISAND

Copyright (c) 2013

Annexe abréviations et  expressions :

saw’fè : comment  vas tu  ?

qq = quelques

rh… = rhum(vanillé)

BMJ =  Bondamanjak ,Revue  d’actualité « pimentée »(en référence  au  piment   du  même  nom.

chlordé.. = chlordécone produit phytosanitaire Pesticide organochloré utilisé entre 1981 et 1993 employé pour le traitement des bananiers pour lutter contre le charançon.
Le chlordecone est un polluant organique persistant, extrêmement rémanent dans l’environnement qui peut s’avérer très toxique.
A été classé comme cancérogène possible chez l’homme dès 1979 mais n’a été interdit qu’en 1993 et utilisé notamment aux Antilles

fout’i té bon = qu’est ce  que   c’était   bon !!!

bon fos vieux  frère !=  sois fort   vieux  frère

ek an  lot solèy= à une   autre  fois,  un  autre  jour

tjinbé rêd anba frédi-a = tiens  bon sous  le  froid (de  l’hiver)

AOUT SEPTEMBRE DES ILES CARAÏBES

 
 
 
 
Août Septembre des Iles Caraïbes
Où  le vent  par  rafales
Emporte les toits  de tôle
Et les rivières  gonflées
De  l’eau  boueuse des mornes
Quelle désolation
Au coeur des sapotilles !
 
 
 
Les bananiers pliés
Les champs de cannes mûres
Ne sont  plus  qu’un amas
 De peu  de  fierté
Et le squelette debout
De l’arbre de cythère
Feuilles et  fruits parsemés
Attend de reverdir…  
 
 
 
Un rayon de soleil plus neuf
Une eau  de cristal
Aux clapotis secrets
Chante dans les ruisseaux…
Tout se renouvelle
Se redresse  et  fleurit
Août Septembre
Des  Iles Caraïbes!
 
 
 
Paul CONSEL GUSAER
(c)copyright 1972
 
 
 

Encore un effort…

 
 
Si tu peux voir détruit l’ouvrage de ta vie
Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir,
Ou perdre en un seul coup le gain de cent parties
Sans un geste et sans un soupir,

Si tu peux être amant sans être fou d’amour ;
Si tu peux être fort sans cesser d’être tendre
Et , te sentant haï, sans haïr à ton tour,
Pourtant lutter et te défendre ;

Si tu peux supporter d’entendre tes paroles
Travesties par des gueux pour exciter des sots,
Et d’entendre mentir sur toi leurs bouches folles,
Sans mentir toi-même d’un mot ;

Si tu peux rester digne en étant populaire,
Si tu peux rester peuple en conseillant les Rois
Et si tu peux aimer tous tes amis en frères,
Sans qu’aucun deux soit tout pour toi ;

Si tu sais méditer, observer et connaître,
Sans jamais devenir sceptique ou destructeur
Rêver, sans laisser ton rêve être ton maître,
Penser, sans n’être qu’un penseur ;

Si tu peux être dur sans jamais être en rage,
Si tu peux être brave et jamais imprudent,
Si tu peux être bon, si tu sais être sage,
Sans être moral ni pédant ;

Si tu peux rencontrer triomphe après défaite
Et recevoir ces deux menteurs dun même front,
Si tu peux conserver ton courage et ta tête
Quand tous les autres les perdront ,

Alors les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire
Seront à tout jamais tes esclaves soumis
Et, ce qui vaut bien mieux que les Rois et la Gloire,

Tu  seras  un  Homme  mon fils!

Rudyard KIPLING

Les guignols et le Président


ul doute la marionnette phare de l’émission des Guignols et a sûrement largement contribué à l’image très sympathique de Jacques Chirac, décédé jeudi 26 septembre 2019 à l’âge de 86 ans. Sa gouaille, son côté quidam bon vivant et les affaires qui ont émaillé sa carrière politique y étaient gentiment moqués. Jacques Chirac était la vedette de sketches hilarants, comme celui que La1ère.fr a retrouvé dans les méandres d’Internet.

« Mwen lé kréol »

On y voit l’ancien maire de Paris au retour d’un voyage aux Antilles, accusé par le présentateur des Guignols, Patrick Poivre d’Arvor, d’être allé dans les DOM-TOM promettre « n’importe quoi pour faire le malin« .

« Mais qu’est-ce que vous dites ? Je suis né là-bas, je suis créole moi !« , lui répond la marionnette en créole, avant de se reprendre : « Pardon quand je m’énerve, je parle ma langue natale.« 

S’en suit un sketch hilarant où Jacques Chirac enchaîne les clichés, parle des Outre-mer comme des îles (la Guyane appréciera), mélange les différents créoles, cite des paroles du groupe Kassav’ pour faire croire qu’il maîtrise parfaitement la langue de son « pays natal » et raconte même avoir été « noir jusqu’à l’âge de 15 ans » et avoir « ramassé le coton pour les blancs qui [les] exploitaient » avec sa famille. 

Démagogie

« Vous croyez vraiment que les Français vont croire que vous êtes noir ?« , lui demande, incrédule, le personnage de PPDA. « Ils ont bien gobé la fracture sociale, que j’étais écolo, que je m’intéressais à Internet et il y en a même qui croient que je suis président !« , lui répond un très démagogue Jacques Chirac. « Mais à la limite, je m’en fous car j’aurais eu l’air sympa, quand même. Et sympa, j’ai que ça. » 

Une pépite télévisuelle à (re)voir ci-dessous :

Quand les Guignols de l’info parodiaient « Chirac l’Antillais »

La marionnette de Jacques Chirac dans l’émission satirique de Canal+ « Les Guignols de l’info » a beaucoup inspiré les créateurs. Plutôt sympathique, elle se moquait gentiment du président de la République, comme au début des années 2000 à son retour d’un voyage aux Antilles. 

La marionnette de Jacques Chirac dans l'émission les Guignols de l'info sur Canal+. © OLIVIER LABAN-MATTEI / AFP

© OLIVIER LABAN-MATTEI / AFP La marionnette de Jacques Chirac dans l’émission les Guignols de l’info sur Canal+.

  • Par Marie Boscher
  • Publié le 27/09/2019 à 11:11

Elle était sans nul doute la marionnette phare de l’émission des Guignols et a sûrement largement contribué à l’image très sympathique de Jacques Chirac, décédé jeudi 26 septembre 2019 à l’âge de 86 ans. Sa gouaille, son côté quidam bon vivant et les affaires qui ont émaillé sa carrière politique y étaient gentiment moqués. Jacques Chirac était la vedette de sketches hilarants, comme celui que La1ère.fr a retrouvé dans les méandres d’Internet.

« Mwen lé kréol »

On y voit l’ancien maire de Paris au retour d’un voyage aux Antilles, accusé par le présentateur des Guignols, Patrick Poivre d’Arvor, d’être allé dans les DOM-TOM promettre « n’importe quoi pour faire le malin« .

« Mais qu’est-ce que vous dites ? Je suis né là-bas, je suis créole moi !« , lui répond la marionnette en créole, avant de se reprendre : « Pardon quand je m’énerve, je parle ma langue natale.« 

S’en suit un sketch hilarant où Jacques Chirac enchaîne les clichés, parle des Outre-mer comme des îles (la Guyane appréciera), mélange les différents créoles, cite des paroles du groupe Kassav’ pour faire croire qu’il maîtrise parfaitement la langue de son « pays natal » et raconte même avoir été « noir jusqu’à l’âge de 15 ans » et avoir « ramassé le coton pour les blancs qui [les] exploitaient » avec sa famille. 

Démagogie

« Vous croyez vraiment que les Français vont croire que vous êtes noir ?« , lui demande, incrédule, le personnage de PPDA. « Ils ont bien gobé la fracture sociale, que j’étais écolo, que je m’intéressais à Internet et il y en a même qui croient que je suis président !« , lui répond un très démagogue Jacques Chirac. « Mais à la limite, je m’en fous car j’aurais eu l’air sympa, quand même. Et sympa, j’ai que ça. » 

Une pépite télévisuelle à (re)voir ci-dessous :

https://la1ere.francetvinfo.fr/quand-guignols-info-parodiaient-chirac-antillais-753835.html

Le POSTCOLONIALISME

« Le postcolonialisme »
de Nicolas Bancel   Par Pascal Blanchard
Pascal Blanchard, historien et codirecteur du Groupe de recherche Achac, introduit le nouvel ouvrage de Nicolas Bancel, professeur à l’Université de Lausanne et également codirecteur du Groupe de recherche Achac. Il publie, ici, l’ouvrage Le postcoloniaisme, aux Presses universitaires de France, coll. Que-sais-je ?, 2019. L’ouvrage revient sur la place de l’histoire coloniale dans le récit national et questionne l’enracinement du racisme et ses conséquences. L’auteur se propose d’explorer les Postcolonial studies en s’appuyant sur des exemples concrets.
Tania de Montaigne est journaliste et écrivaine. Elle est l’autrice d’une dizaine d’ouvrages dont son essai  L’assignation. Les Noirs n’existent pas (Grasset, 2018) pour lequel elle a remporté le prix de la laïcité en 2018. Elle signe, ici, un texte fin, teinté d’ironie, à propos de l’usage de l’«Autre » en politique et ses répercussions. Elle réfléchit au thème de l’identité et au jeu d’équilibre entre acceptation et rejet. Elle revient, dans cette tribune, sur les implications entre discours politiques et processus de marginalisation au sein de la société française.

LES ARTISANS D’ OUTRE MER ENTRENT A L’ ELYSEE

Le palais de l’Elysée se transforme ce week-end en espace d’exposition pour le salon « Fabriqué en France ». 120 objets vont représenter le savoir-faire des régions françaises. Parmi eux, cinq produits conçus et fabriqués en Guadeloupe, en Martinique, en Guyane, à Mayotte et à La Réunion. Kelly Pujar • Publié le 18 janvier 2020 à 10h05Elle est accessible sur invitation et ouvre ses portes les 18 et 19 janvier 2020. Le palais de l’Elysée accueille la grande exposition du Fabriqué en France. Les 20 000 visiteurs attendus pourront découvrir 120 objets symbolisant le terroir français. 

Un comité réuni par Agnès Pannier-Runacher, secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Economie et des Finances, a sélectionné les produits exposés au coeur de Paris parmi 1750 dossiers. Cinq produits vont mettre en valeur les innovations nées dans les départements d’Outre-mer. 

Un beurre végétal nettoyant ambassadeur de la Guadeloupe

Un beurre végétal sans eau qui peut remplacer jusqu’à cinq produits cosmétiques (crème, shampoing, gel douche…) qui trônent dans la salle de bain. C’est l’innovation de Jasmina Legros. L’ingénieure en chimie guadeloupéenne a créé un extrait huileux à base de marc de café. Une première. Elle y ajoute des extraits végétaux inter-tropicaux pour d’autres bienfaits. « C’est un clin d’oeil au savoir-faire de nos grands-mères. L’agent nettoyant est issu de l’huile de coco. Une crème de soin se forme quand l’eau est au contact avec le beurre qui contient 100% d’ingrédients actifs« . La jeune femme va découvrir comment son produit sera exposé la veille de l’ouverture de l’exposition. « C’est une belle reconnaissance mais ça sera la surprise« , avoue-t-elle.Depuis 2014, la trentenaire commercialise sous la marque Just what u need une gamme dont l’une des matières premières, le marc de café, était perçue comme un déchet. « En Guadeloupe, les plantations se débarrassaient du marc de café. Elles payaient des bennes pour jeter puis pour les acheminer vers les décheterries », explique Jasmina Legros. Elle identifie des agriculteurs chez qui elle s’approvisionne désormais. Au lieu d’être jeté, le marc de café est récupéré et transformé. Jasmina Legros met en pratique les principes de l’économie circulaire en donnant une seconde vie à ce produit naturel. 

La Martinique à Paris avec son rhum bio 

D’autres entreprises installées dans les Outre-mer verront leurs produits sous les dorures de l’Elysée. C’est le cas d’un habitué des distinctions : le rhum Neisson. Depuis 2013, la distillerie implantée au Carbet, dans le nord de la Martinique, a adopté l’agriculture biologique. Non seulement la qualité de ce rhum agricole sera mise en avant dans la capitale mais aussi son conditionnement. La bouteille de Neisson bio est 100% « made in France ». 

Regardez ce reportage d’Aurélie Treuil et Bianca Careto de Martinique la 1ère :


Un artisan mahorais à l’Elysée

Un baobab pour représenter Mayotte. C’est le choix d’Anli Julien, un artisan mahorais spécialisé dans la découpe 3D. Son talent ? Découper n’importe quel motif sur du bois, du verre et même de la tôle. Le patron de l’entreprise 3Découpe va représenter l’archipel de l’océan Indien et ses 270 300 habitants. 

Regardez ce reportage de nos équipes de Mayotte la1ère réalisé avant son départ pour l’Hexagone :


Un piment végétarien guyanais pour parfumer le salon

Les gérants de l’entreprise « Déciles de Guyane » affichent leur satisfaction sur les réseaux sociaux. « Nous sommes fiers de représenter la Guyane ! » L’un de leur produit-phare, un condiment à base de piment végétarien, une variété qui ne pique pas, va valoriser le terroir guyanais.Sur le site internet de l’entreprise, les fondateurs expliquent leur démarche. Il ne s’agit pas seulement de fabriquer des confitures ou des condiments. Ils s’engagent aussi pour l’emploi local en embauchant une dizaine de jeunes en contrat d’insertion. Ils affichent aussi leur attachement au développement durable. « Le développement durable et équitable n’est pas en reste puisque nous travaillons beaucoup avec le village Amérindien de Macouria qui nous fait tous les paniers tressés en Arouman pour nos colis cadeaux« , affichent-ils sur le net. 

Un répulsif anti-moustiques conçu à La Réunion

Dernier représentant des Outre-mer au salon Fabriqué en France, l’entreprise réunionnaise Mascareigne Diffusion. Son produit-phare, un répulsif anti-moustiques à base d’huiles essentielles d’eucalyptus citronné et de lavande, fait partie des produits du quotidien mis en avant à l’Elysée. 

Regardez le reportage de Thierry Chapuis de Réunion la1ère :
L’ambition de David Tortillard, le fondateur de l’entreprise : profiter de l’exposition à Paris pour trouver des distributeurs dans l’Hexagone. Pour l’instant, le répulsif est commercialisé en pharmacie à La Réunion.

UN EXEMPLE d’AGRICULTURE organique

Bertrand Sainte-Rose est un agriculteur du Saint-Esprit passionné d’agro-écologie. Il pratique une quinzaine de cultures sur deux hectares, dans le plus grand respect de la nature. Selon lui, l’agriculture organique est sans aucun doute l’avenir de la profession.Stéphanie Octavia • Publié le 30 mai 2018 à 07h00Visuellement, les tomates de Bertrand Sainte-Rose ressemblent à beaucoup d’autres. Leur principale différence est qu’elles ont poussé sans l’aide d’aucune molécule synthétique et aucun engrais chimique. 

L’exploitant pratique l’agriculture organique. Cela signifie que toutes ses cultures se font dans le respect de la nature. Et pour cela, il utilise du lombricompost. « C’est du fumier brut que je fais transformer par des verres de terre. Ils consomment ce fumier et le transforment en lombricompost. Il s’agit d’un élément extrêmement riche pour le sol. C’est de l’engrais quelque part, mais c’est un engrais rempli de potassium, de phosphore et d’azote, mais naturellement« , affirme-t-il. 


Selon Bertrand Sainte-Rose, cette procédure permet plus de rendement pour moins de travail. Ses plants de tomates peuvent produire jusqu’à 10 kilogrammes chacun. À l’heure où l’on parle de scandales alimentaires, des dangers des pesticides ou des perturbateurs endocriniens, focus sur une magnifique initiative.

NB.Pour vsionner l ‘interviw de Bertrand Sainte-Rose faire une recherche sur Martinique

La 1ère

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Léon SAINTE-ROSE, une figure du militantisme martiniquais

Léon Sainte-Rose militant de l’OJAM : du combat à la désillusion

histoirePortrait Léon Sainte-Rose Léon Sainte-Rose a aujourd’hui 85 ans (27 décembre 2019) • ©@Photo Daniel Sainte-Rose…En 1962, à la veille de Noël, des militants de l’OJAM (l’Organisation de la Jeunesse Anticolonialiste de la Martinique) placardent des affiches dans toute l’île : « La Martinique aux Martiniquais ». Pour ce geste, ils sont jetés en prison. Le militant culturel Léon Sainte-Rose en faisait partie.Serge Bilé • Publié le 29 décembre 2019 à 06h00, mis à jour le 29 décembre 2019 à 07h29Le mois de décembre rappelle aux Martiniquais le combat des militants de l’OJAM(l’Organisation de la Jeunesse Anticolonialiste de la Martinique).

La Martinique aux Martiniquais.

En 1962, à la veille de Noël, Léon Sainte-Rose et d’autres militants, communistes, nationalistes et catholiques, placardent des affiches dans tout le pays : « La Martinique aux Martiniquais ». Pour avoir fait cela, ils sont arrêtés et jetés en prison.
Un demi-siècle plus tard, le célèbre musicien ne regrette rien mais il ne reconnaît plus son île.

Léon Sainte-Rose jette un regard désabusé sur le monde 


Du haut de ses 85 ans, Léon Sainte-Rose jette un regard désabusé sur ce monde et singulièrement la Martinique, dominée, selon lui, par trois catégories humaines. Des gens qui ont des idées mais pas d’idéal, des gens qui ont un idéal mais pas d’idées et des gens qui n’ont ni idée ni idéal.

Une infime minorité de gens ont des idées et un idéal.


Face à ces trois catégories humaines, il ne reste, à ses yeux, qu’une infime minorité de gens qui ont des idées et un idéal. Une infime minorité…Voilà pourquoi son île ne tourne pas rond. Voilà pourquoi l’ancien prisonnier de l’OJAM affiche un air désenchanté.

L’histoire de Léon Sainte-Rose n’est pas plus rose que celle de la Martinique, d’hier et d’aujourd’hui. Elle s’ouvre par un drame. Il a deux ans lorsque son père décède. Entre l’agriculture et le commerce, sa mère se donne du mal pour élever, seule, ses quatre enfants.Léon Sainte-RoseLe militant culturel Léon Sainte-Rose. • ©Daniel Sainte-Rose…

Léon Sainte-Rose est bon élève. Après une scolarité au Saint esprit (maternelle et cours complémentaire), il entre au lycée Schœlcher à 16 ans et se frotte à Joseph Zobel et Aimé Césaire.

Le jeune homme est curieux de tout et sensible à la réalité sociale qui l’environne avec son lot de frustrations et de misère.

Un nationaliste dans l’âme 

Après le bac, c’est l’école normale supérieure puis son premier poste d’enseignant au Morne-Rouge. Léon Sainte-Rose a mûri. C’est un nationaliste dans l’âme. Lorsque Fort-de-France se soulève le 20 décembre 1959, il participe activement aux émeute. Après ses cours, il part « au combat » le soir et met le feu à plusieurs commissariats.À lire aussiL’émeute de décembre 1959 signe l’émergence du nationalisme martiniquais

Trois ans après cette révolte, qui fit trois morts en trois jours, Léon Sainte-Rose est membre de l’OJAM. Chevauchant sa vespa, il colle des affiches, la nuit. « La Martinique aux Martiniquais », placarde-t-il sur les murs des églises, des mairies et d’autres bâtiments officiels.

Sept mois de prison ferme pour « atteinte à l’intégrité du territoire »


Mais très vite, l’aventure tourne court. Alors qu’il fait classe à ses élèves au Morne-Rouge, Léon Sainte-Rose est arrêté en plein cours en février 1963. Dix-sept autres « camarades » sont interpellés.

Lors du procès de l’OJAM, Léon Sainte-Rose est condamné à sept mois de prison ferme pour « atteinte à l’intégrité du territoire ». Mais à sa sortie, il poursuit le combat, cette fois sur le plan culturel.Léon Sainte-Rose Léon Sainte-Rose marque les esprits avec une biguine : « Pliché ti nain ». • ©Daniel Sainte-Rose…

Musicien autodidacte depuis son jeune âge, Léon Sainte-Rose joue du bongo, du pipeau et chante dans différents groupes : Blue Star, Los Caribes et les Trimalcos avec Max Ransay.

Léon Sainte-Rose marque les esprits avec une biguine : « Pliché ti nain » qui devient un tube. Il fonde ensuite le groupe Palant’Ché avec d’anciens élèves et des amis du Morne-Rouge.

Le groupe veut éveiller les consciences. Les textes sont engagés. L’enseignant devenu musicien se confond avec l’instrument qu’il promeut désormais, la flûte à bambou.

La conscience martiniquaise est loin de s’éveiller. Bien au contraire, elle s’est engluée dans la consommation et nous avons perdu nos valeurs.


Léon Sainte-Rose joue ainsi sa partition pendant des décennies, avant de… déchanter, en observant ce qu’est devenue son île pour laquelle il s’est tant battu.Léon Sainte-Rose Léon Sainte-Rose en famille. • ©Daniel Sainte-Rose…

« Je me vois aujourd’hui comme un spectateur désabusé qui n’a pas trahi ses idéaux mais qui a perdu ses illusions. La conscience martiniquaise est loin de s’éveiller. Bien au contraire, elle s’est engluée dans la consommation et nous avons perdu nos valeurs », dit-il.

À 85 ans, Léon Sainte-Rose n’est pas amer, n’a pas regrets. Fidèle à lui-même, il vit toujours à la campagne et cultive son jardin, au propre comme au figuré. C’est aux autres désormais de prendre le relais.Léon Sainte-Rose « Je me vois aujourd’hui comme un spectateur désabusé…qui a perdu ses illusions » confie Léon Sainte-Rose. • ©Daniel Sainte-Rose…

VISITE d’Angela DAVIS en MARTINIQUE

Pour célébrer ses 75 ans, l’UFM (Union des Femmes de Martinique) accueille mardi 3 décembre 2019 dans les jardins du parc Aimé Césaire à Fort-de-France, la militante Afro- Américaine, Angela Davis.

À cette occasion, Angela Davis, 75 ans, reviendra sur son parcours en tant que militante des droits civiques. Membre du parti communiste, proche du mouvement des Blacks Panthers. Emprisonnée en 1971, elle est libérée en 1972 grâce à une forte médiatisation de son procès.

Engagée sur tous les fronts Angela Davis à également été professeur de philosophie et candidate à la vice-présidence des États-Unis dans les années 80. »Fêter les 75 ans de l’Union des Femmes de Martinique avec Angela Davis est pour nous tout un symbole. C’est la rencontre de 2 « grandes dames » de 75 ans », explique Rita Bonheur, la présidente de l’UFM.

L’Union des femmes de Martinique créée en 1944, est la première association féministe de Martinique et de la Caraïbe. Elle milite contre les violences faites aux femmes, pour l’égalité entre les femmes et les hommes dans une société plus juste.

Conférence d’Angela Davis

La conférence d’Angela Davis, mardi 3 Décembre 2019 à 19 heures dans les jardins du parc Aimé Césaire à Fort-de-France (ouverture des portes à 18h30, accès par le côté Croix Mission). 
Pour permettre à ceux qui ne pourront pas assister à l’événement, l’UFM mettra en place un Facebook live.  

SALON de la GASTRONOMIE PARIS 2020

 SAGASDOM 2020, c’est déjà DEMAIN ! 
 
La Guadeloupe à l’honneur !

  Porté par la célèbre chef Babette DE ROZIERES, le Salon de la Gastronomie des Outre-mer s’est imposé comme le rendez-vous culinaire de nos Régions et territoires des Outre-mer. Plebiscité par le public (49 000 visiteurs en 2019), SAGASDOM fête cette année ses 5 ans d’existence avec en invité d’honneur le territoire de cœur de Babette, la Guadeloupe, et le thème de la mer comme cadre de l’édition 2020. Chaque année, SAGASDOM réussit le challenge de séduire un public de plus en plus nombreux et de porter plus haut la valorisation des richesses culinaires des Régions et Territoires des Outre-mer avec une fenêtre grande ouverte sur nos cousins de la Francophonie. C’est dans ce contexte que l’édition 2020, animée par SMAIN, se déroulera du 31 janvier au 2 février 2020 pour enraciner l’art culinaire des Outre-mer au sein de notre patrimoine national de la gastronomie.

 L’île aux belles eaux, la Guadeloupe, sera à l’honneur cette année pour illustrer le thème de la mer avec des évènements majeurs répartis sur les trois jours : La journée d’ouverture naturellement nous permettra de profiter de spectacles inédits et dépaysants mais aussi de rencontrer des personnalités de 1er plan telles que Dominique LOISEAU et Stéphane LAYANI, respectivement marraine et ambassadeur de l’édition 2020 du SAGASDOM. ​​Les ministres de l’agriculture et de l’alimentation Didier GUILLAUME et le ministre de la culture Franck RIESTER apporteront leurs hauts patronages et leurs soutiens, ainsi que la Maire de Paris Anne HIDALGO fidèlement aux côtés du SAGASDOM depuis la 1ère année.​Enfin, le salon bénéficiera également des présences exceptionnelles de Jean-Michel COHENYan QUEFFELECAlain BOUGRAIN-DUBOURGValérie TRIERWELLERCatherine JACOBPatrick OLLIER (Président du Grand Paris) et de nombreux ambassadeurs des pays francophones.

 Les deux nocturnes du vendredi et samedi nous permettront de profiter de dégustations exceptionnelles et de découvrir les fleurons de la gastronomie ultramarine à l’heure du dîner. Elles seront animées par la COMPAGNIE CREOLE et la star NJE. Le Trophée Babette, concours ouvert aux jeunes talents de la cuisine ultramarine. L’Espace Marmaille où les parents pourront confier leurs enfants à des chefs qui leur apprendront à cuisiner. Pour cet anniversaire festif et gustatif, les meilleurs producteurs et restaurateurs vont mettre les petits plats dans les grands pour ensoleiller nos papilles et nous plonger dans les mers et océans de toutes nos régions ultramarines. Après trente ans de combat acharné, le pari ambitieux de Babette DE ROZIERES, celui d’affirmer la vivacité et la créativité culinaire des Outre-mer sur la scène internationale, est gagné.Avec cette nouvelle édition, tous les talents d’Outre-mer la rejoignent solidairement pour ancrer SAGASDOM comme un rendez-vous majeur et incontournable de la gastronomie française. 
 Réservez dès aujourd’hui vos billets en ligne et bénéficiez d’un prix spécial 5 ans ! 
 Cliquez ici pour réserver ! 
 Toute l’équipe de SAGASDOMvous souhaite uneTRES BELLE ANNEE 2020 ! 
 CONTACT :Babette DE ROZIERES : + 33 (0)6.43.56.55.55Babette.derozieres@orange.fr 

« LA FLAMME de L’EGALITE » Concours 2019 – 2020


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Thématique de l’édition 2019-2020 du concours
La thématique « Devenir libre » est reconduite cette année.



© F-A Biard, L’abolition de l’esclavage dans les colonies, huile sur toile, 1848.
L’esclavage est construit sur un principe de domination des maîtres sur les esclaves dans le but de les exploiter. Les esclaves ont un statut juridique inférieur, dit de « biens meubles ». Ils subissent, au même titre que les affranchis, le préjugé de couleur, qui conduit à des formes de ségrégations sociale, professionnelle, honorifique et fiscale et interroge les notions de liberté et de citoyenneté. Pendant trois siècles, des esclaves, des libres de couleur et des abolitionnistes se battent pour la fin du système esclavagiste, la liberté universelle et l’égalité des droits.
Ces différentes formes de lutte ont conduit les puissances esclavagistes à abolir progressivement cette pratique. En France, l’esclavage est aboli une première fois sous la Première République en 1794, puis définitivement sous la Deuxième République en 1848, en accordant immédiatement la citoyenneté française aux anciens esclaves. S’ils disposent ainsi des mêmes droits que les autres citoyens, des inégalités persistent et perpétuent la société de plantation et son modèle économique dans les anciennes colonies françaises, qui ne deviendront des départements français à part entière qu’à la suite de la loi du 19 mars 1946. Dans les autres colonies, le travail forcé est aboli par la loi Houphouët-Boigny du 11 avril 1946. La France, avec René Cassin, est l’un des pays à l’initiative de la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948. Son article 4 dispose : « Nul ne sera tenu en esclavage ni en servitude ; l’esclavage et la traite des esclaves sont interdits sous toutes leurs formes ». Aujourd’hui encore, il faut lutter pour que les principes de cette déclaration soient appliqués dans le monde. On estime à 40 millions le nombre de victimes des formes contemporaines de l’esclavage.
Les projets réalisés dans le cadre de cette thématique « Devenir libre » inciteront les élèves à entreprendre un travail d’histoire et de mémoire et à mener une réflexion sur les combats pour la liberté, l’égalité et la fraternité, de 1794 à nos jours. Les travaux pourront également sortir du contexte socio-historique français et interroger les liens entre abolition et citoyenneté dans d’autres régions du monde.



Pistes de réflexion

Les révoltes d’esclaves dans les colonies françaises ou dans d’autres sociétés esclavagistes ;
Le marronnage et les sociétés marronnes ;
Le parcours d’hommes et de femmes ayant lutté pour l’abolition de l’esclavage et l’égalité des droits ;
Le statut des personnes mises en esclavage, de leur capture jusqu’à l’octroi de leur liberté ;
Les sociétés post-esclavagistes : héritages culturels ;
La comparaison de plusieurs systèmes esclavagistes.



Le site est là pour vous aider !
Retrouvez dans l’onglet Repères historiques :
des Parcours de vie d’esclaves ou d’abolitionnistes qui se sont battus pour la liberté de toutes et de tous ;
les Lieux qui ont pris part à l’entreprise esclavagiste et qui commémorent aujourd’hui son histoire et sa mémoire ;
une Chronologie de l’esclavage, des premières invasions coloniales jusqu’à son abolition dans les différentes régions du monde.
Des outils éducatifs sont également à votre disposition, comme un poster sur l’abolition de l’esclavage en France, des livrets Repères pour éduquer ou encore les dossiers des expositions du CNMHE.
Le site présente aussi un très grand choix de ressources littéraires, audio-visuelles et numériques !
Et parce que la démarche de projet est un exercice qui doit ouvrir l’école sur l’extérieur, le site propose également une série d’intervenant-e-s (musiciens, conférenciers, artistes, etc.), engagés sur la thématique du concours et qui peuvent éventuellement
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Thématique de l’édition 2019-2020 du concours
La thématique « Devenir libre » est reconduite cette année.



© F-A Biard, L’abolition de l’esclavage dans les colonies, huile sur toile, 1848.
L’esclavage est construit sur un principe de domination des maîtres sur les esclaves dans le but de les exploiter. Les esclaves ont un statut juridique inférieur, dit de « biens meubles ». Ils subissent, au même titre que les affranchis, le préjugé de couleur, qui conduit à des formes de ségrégations sociale, professionnelle, honorifique et fiscale et interroge les notions de liberté et de citoyenneté. Pendant trois siècles, des esclaves, des libres de couleur et des abolitionnistes se battent pour la fin du système esclavagiste, la liberté universelle et l’égalité des droits.
Ces différentes formes de lutte ont conduit les puissances esclavagistes à abolir progressivement cette pratique. En France, l’esclavage est aboli une première fois sous la Première République en 1794, puis définitivement sous la Deuxième République en 1848, en accordant immédiatement la citoyenneté française aux anciens esclaves. S’ils disposent ainsi des mêmes droits que les autres citoyens, des inégalités persistent et perpétuent la société de plantation et son modèle économique dans les anciennes colonies françaises, qui ne deviendront des départements français à part entière qu’à la suite de la loi du 19 mars 1946. Dans les autres colonies, le travail forcé est aboli par la loi Houphouët-Boigny du 11 avril 1946. La France, avec René Cassin, est l’un des pays à l’initiative de la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948. Son article 4 dispose : « Nul ne sera tenu en esclavage ni en servitude ; l’esclavage et la traite des esclaves sont interdits sous toutes leurs formes ». Aujourd’hui encore, il faut lutter pour que les principes de cette déclaration soient appliqués dans le monde. On estime à 40 millions le nombre de victimes des formes contemporaines de l’esclavage.
Les projets réalisés dans le cadre de cette thématique « Devenir libre » inciteront les élèves à entreprendre un travail d’histoire et de mémoire et à mener une réflexion sur les combats pour la liberté, l’égalité et la fraternité, de 1794 à nos jours. Les travaux pourront également sortir du contexte socio-historique français et interroger les liens entre abolition et citoyenneté dans d’autres régions du monde.



Pistes de réflexion

Les révoltes d’esclaves dans les colonies françaises ou dans d’autres sociétés esclavagistes ;
Le marronnage et les sociétés marronnes ;
Le parcours d’hommes et de femmes ayant lutté pour l’abolition de l’esclavage et l’égalité des droits ;
Le statut des personnes mises en esclavage, de leur capture jusqu’à l’octroi de leur liberté ;
Les sociétés post-esclavagistes : héritages culturels ;
La comparaison de plusieurs systèmes esclavagistes.



Le site est là pour vous aider !
Retrouvez dans l’onglet Repères historiques :
des Parcours de vie d’esclaves ou d’abolitionnistes qui se sont battus pour la liberté de toutes et de tous ;
les Lieux qui ont pris part à l’entreprise esclavagiste et qui commémorent aujourd’hui son histoire et sa mémoire ;
une Chronologie de l’esclavage, des premières invasions coloniales jusqu’à son abolition dans les différentes régions du monde.
Des outils éducatifs sont également à votre disposition, comme un poster sur l’abolition de l’esclavage en France, des livrets Repères pour éduquer ou encore les dossiers des expositions du CNMHE.
Le site présente aussi un très grand choix de ressources littéraires, audio-visuelles et numériques !
Et parce que la démarche de projet est un exercice qui doit ouvrir l’école sur l’extérieur, le site propose également une série d’intervenant-e-s (musiciens, conférenciers, artistes, etc.), engagés sur la thématique du concours et qui peuvent éventuellement accompagner et enrichir votre travail. accompagner et enrichir votre travail.

Les Ministères chargés de l’Éducation nationale et des Outre-mer, le Comité National pour la Mémoire et l’Histoire de l’Esclavage (CNMHE) et la Délégation Interministérielle à la Lutte contre le Racisme l’Antisémitisme et la Haine anti-LGBT (DILCRAH) s’associent à nouveau pour la 5ème édition du concours national « La Flamme de l’égalité ». Jusqu’au 10 mars 2020, les enseignants du primaire et du secondaire sont invités à mener avec leurs élèves une réflexion et à réaliser un projet sur l’histoire des traites et des captures, sur la vie des esclaves et les luttes pour l’abolition, sur leurs survivances, leurs effets et leurs héritages contemporains.

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