UN MEMORIAL de L’ESCLAVAGE au JARDIN des TUILERIES ?


Un conseil d’orientation en charge du mémorial des noms

Le mémorial des noms des affranchis de 1848 doit être, selon Jean-Marc Ayrault, président de la Fondation pour la mémoire de l’esclavage, « une contribution à la réparation de la France qui a maintenu un système d’exploitation de l’homme par l’homme pendant trois siècles ».

Un conseil d’orientation pour le grand projet de mémorial national annoncé par le président de la République à été réuni les 26 novembre et 4 décembre au ministère des Outre-mer. Il doit rendre un rapport au Premier ministre le 15 décembre.

Officiellement, la presse n’a pas été tenue au courant de la création de ce conseil d’orientation, ni de ses réunions, ni de sa composition. Selon l’un de ses membres, c’est un comité informel de personnes à qui le gouvernement a demandé de rendre un rapport qui servira de base au cahier des charges pour ériger ce mémorial qui doit prendre sa place au jardin des Tuileries en 2021. Rappelons que ce projet est une idée défendue depuis de nombreuses années par le Comité de la marche du 23 mai 1998 qui a collecté dans les registres des états-civils les noms donnés aux esclaves affranchis en 1848.

Ce conseil d’orientation s’est donc réuni au ministère des Outre-mer, sous l’autorité du conseiller Afif Lazrak, conseiller en charge des affaires régaliennes et de l’action publique. Il n’a pas assisté pas aux séances, seule une stagiaire du ministère était en charge de l’accueil de ses membres. Ces derniers sont l’écrivain Claude Ribbe, Serge Romana, président de la Fondation esclavage et réconciliation, Marie Josée Alie, retraitée de France Ô et artiste, Philippe Lavil, chanteur, Dominique Taffin, directrice de la Fondation pour la mémoire de l’esclavage, Frédéric Régent, conseiller scientifique dudit conseil, Jean-Marc Ayrault, président de la Fondation, Claire Andrieu, spécialiste de l’histoire politique de la France contemporaine, de la Seconde Guerre mondiale et de la Résistance, Léonora Miano, écrivaine franco-camerounaise, Carole Bienaimé-Besse, productrice et réalisatrice, membre du CSA depuis 2017, Sonia Chane-Kune, docteure en géographie politique, et un représentant du ministère de la Culture.

Les deux réunions des 26 novembre et 4 décembre ont mis au jour les diverses postures des uns et des autres. Il y a ceux qui sont contre un mur des noms et ceux qui sont pour, ceux qui veulent un monument et ceux qui veulent une œuvre d’art, ceux qui veulent voir graver dans la pierre les seuls noms des esclaves affranchis en 1848 et ceux qui veulent y voir les noms des esclavagistes, des abolitionnistes, des esclaves morts pendant la traversée et encore celui des Haïtiens d’avant 1804, ceux qui veulent une place pour les abolitionnistes et ceux qui n’en veulent pas, ceux qui veulent que tous les noms d’esclaves affranchis y figurent et ceux qui sont pour une sélection, ceux qui disent que les lieux offrent assez de place pour tous ces noms et ceux qui disent que c’est impossible… Enfin, il y a ceux qui veulent diriger l’artiste (l’architecte ?) qui sera sélectionné et ceux qui, au contraire, veulent lui laisser champ libre… Tous les scénarios avancés trouvent à chaque fois des opposants souvent tenaces.

« Les descendants d’esclave doivent se sentir riches d’une culture extraordinaire »

Lénora Miano qui a été sollicitée pour apporter son expertise pour ce projet, à sa plus grande surprise d’ailleurs, et pour qui on a mis en place une visio-conférence, s’est livrée une longue critique du projet. Son expertise n’a pas été très bien ressentie. Explication d’un membre du conseil  qui a choisi de garder l’anonymat : « Cette dame est une Africaine qui vient expliquer aux Antillais comment ils doivent vivre leur tragique histoire… C’est tout bonnement hallucinant. Elle vient donc expliquer aux descendants d’esclaves qu’ils ne doivent pas être victimes mais au contraire se sentir riches d’une culture extraordinaire… Imaginez que l’on disent ça aux Juifs en évoquant la Shoah ! »

La contribution du président de la Fondation pour la mémoire de l’esclavage, Jean-Marc Ayrault, comporte elle aussi une part de risque, puisqu’il explique et présente le projet du mémorial comme « une contribution à  la réparation de la France qui a maintenu un système d’exploitation de l’homme par l’homme pendant trois siècles ». Et voilà relancé le débat sur les réparations par Jean-Marc Ayrault en personne et la Fondation sensée animée la politique publique mémorielle de la France en matière d’esclavage. En conclusion de sa note, Jean-Marc Ayrault précise que le mémorial des noms « permettra d’appréhender l’extension territoriale du système esclavagiste (colonies esclavagistes, migration, diaspora…) ». Certains voient là la marque d’une « logique décoloniale » qui plaît à certains et horripile les autres.

C’est l’Etat qui financera le projet, car la Fondation dont l’objet est de financer les projets, n’en a pas les moyens.

Source FXG, à Paris

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